Beaute Pouvoir Grace

En dehors de Ses attributs, Dieu peut accorder la puissance libératrice de Sa grâce :

« le péché naura point de pouvoir sur vous, puisque vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce » (Romains 6.14) Si la loi donne au péché le pouvoir de nous accabler, la grâce nous apaise, nous restaure et nous affranchit du pouvoir du péché. Ce verset est cité dans une biographie de Thérèse d’Avila, l’exemple-même d’une mystique arrivée à ce que les yogis appellent samadhi ou union intense avec le divin. Qu’elle y soit parvenue par de rudes austérités ou par la grâce divine, ou un mélange subtil des deux est particulièrement intéressant. L’historien Georges Minois a très bien compris les défis rencontrés par cette grande mystique qui fut entre autres la fondatrice de nombreux couvents et réformatrice de l’ordre du Carmel. Il lui a consac une biographie intitue Thérèse d’Avilla, le pouvoir et la grâce.

S’il est un endroit règnent l’angoisse et la crainte, c’est bien dans notre univers de matière où même les divers gouvernements temporaires, qui se croient les maîtres du monde, ont peur qu’on ne leur prenne leur pouvoir et rivalisent de fourberie pour le protéger. Rien de surprenant à voir cette peur se répandre non seulement chez tous les animaux de la planète, mais aussi dans le cœur de tous les humains. Mais puisque le Dieu Lumière à l’origine des mondes n’est jamais touché par la peur, symbolisée par les ténèbres, Il Lui arrive de conférer cette même témérité et absence de crainte à Ses purs dévots. Combien d’ascètes mystiques affrontant froid, chaleur ou privation de nourriture ont littéralement é aux limites de l’impossible, investis d’une force et d’une puissance qui les dépassaient et leur donnaient le pouvoir de « soulever des montagnes ».

Dans le chapitre 10 de la Bhagavad Gita, « Les gloires de l’Absolu », Krishna Se révèle en partie à Arjuna : « Cher Arjuna, je vais maintenant te décrire Mes puissances, mais seulement les plus importantes, car infinie est Ma splendeur ». Le terme sanskrit qu’utilise Krishna pour désigner Ses puissances est le mot vibhuti, que nous avons décrit plus haut comme un pouvoir supra-humain. Krishna continue par ces paroles célèbres : « Je suis l’Âme Suprême sise dans le cœur de chaque être. De tous, Je suis le commencement, le milieu et la fin. De tous les mondes, spirituels et matériels, Je suis la source, de Moi tout émane. Les sages qui connaissent Mes gloires et Mes puissances Me servent et M’adorent de tout leur cœur. Ceux-ci Me connaissent comme non-né, sans commencement et souverain de tous les mondes. Ils s’affranchissent une fois pour toutes de l’illusion qui caractérise le monde de matière et sont libérés à jamais de toute mauvaise influence de leur karma passé ». Et il conclut ce chapitre en disant que Ses vibhutis, Ses puissances sont illimitées, qu’Il s’est contenté de nen décrire que quelques-unes, une infime parcelle de Sa grandeur infinie.

« Sache, Arjuna, que tout ce qui est beau, puissant, glorieux en ce monde nest qu’un simple fragment de Ma splendeur. Par une simple étincelle de Ma Personne, Je pénètre et soutiens l’univers tout entier. »Sanjaya, qui décrit au roi aveugle Dhritarastra cet entretien unique entre Krishna le Maître et Arjuna le disciple, conclut l’ouvrage par cet éloge : « Partout se trouve Krishna, le maître de tous les yogis, partout se trouve Arjuna, l’archer sublime, gnent l’opulence, la victoire, la puissance formidable et la morali ».