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On peut mettre ces principes en corrélation avec la dualité Purusha-Prakriti de la philosophie du sankhya. Il est à noter que le sankhya, qui est un des systèmes philosophiques qui a le plus influencé la socié indienne, propose une vision dualiste qui associe la Nature à la femme et l’Esprit à l’homme. Comme la finali du sankhya est que l’Esprit puisse se libérer définitivement de la Nature, ce concept dualiste s’est transformé avec le temps en une crainte généralisée et une suspicion envers la femme, tout particulièrement dans les traditions ascétiques du yoga.

Selon le dictionnaire sanskrit de Gérard Huet, le mot shakti revêt les sens suivants :

puissance, force, énergie ;

pouvoir divin, force consciente du divin ;

manifestation d’un pouvoir de la conscience et de la force suprêmes (cf. Shri Aurobindo) ;

mère divine, source de tout pouvoir ;

parèdre et puissance de manifestation et d’action d’un dieu particulier, sous forme d’une déesse.

Pour les shaktas, c’est la fusion totale des deux entités, masculine et féminine, fusion physique, mentale et spirituelle, qui permet l’acs à l’énergie suprême, à la conscience et à la rénité. La représentation en deux entités distinctes de Shiva et de Parvati, qui semble aux yeux du non-initié être une scène purement charnelle, est en fait la représentation de la fusion des principes masculin et minin, qui seuls donnent accès à la conscience et à l’énergie suprêmes.

Pour les vaishnavas, la Déesse est adorée en tant que SHAKTI, énergie d’un Dieu unique qui prend divers noms tels Vishnou, Narayan ou Krishna. Partant du principe que les âmes innombrables qui peuplent ce monde sont d’essence divine, au-delà du corps temporaire d’homme ou de femme temporaire quelles empruntent, les vaishnavas reconnaissent à tous ces êtres distincts la nature féminine de PRAKRITI et attribuent à Dieu la nature masculine du PURUSHA suprême. On trouve le verset suivant dans lancien texte védique Satapatha Brahmana : « Au début de la création existe l’Âme unique, et elle s’afflige d’être seule. Cette Âme s’expand jusqu’à devenir à la fois homme et femme enlacés dans une longue étreinte ; ils deviennent la paire qui engendre la population de l’univers. »