Beaute Pouvoir Grace

Têtue, autonome et indépendante, LALITA est une déesse extrêmement sensuelle,

aussi connue comme KAMESHWARI, « l’impératrice du désir ». Le Brahmanda Purana raconte son histoire et elle y est, entre autres, adorée par Indra le roi des Cieux. Sous d’autres noms tels que PARVATI ou SATI, elle est l’épouse fidèle et dévouée de Shiva qui est la conscience pure. Elle demeure dans un état perpétuel d’harmonie parfaite, à jamais bienveillante, et ses yeux sont toujours baignés des larmes de la compassion envers tous les êtres.

VAK ou VACH, déesse mentionnée dans le Rig Véda, est « la Parole Mystique par laquelle la Connaissance et la Sagesse furent communiquées à l’humanité ». Il y est dit que Vach s’est manifestée dans la conscience des rishis, les sages originels. Elle est considérée par les Védas comme la reine des dieux puisqu’elle est associée aux prajapatis dans l’œuvre de la création. Sa puissante parole mystique lui confère le nom de Mère des Védas, que Brahma eut le privilège de révéler au monde. Vach personnifie le pouvoir féminin dans la nature. Des commentateurs anciens du Rig Véda et de plusieurs Upanishads attribuent à Vach une nature absolue nommée PARAVACH, terme que l’on pourrait traduire par « Verbe Suprême », « Son Primordial émanant du Parabrahman », « Parole Archétypale ». Vach peut ainsi être considérée comme l’archétype de toutes les déesses du Panthéon Védique. Elle est la Shakti suprême, l’aspect féminin créateur abritant en son sein toutes les potentialités de création qui sont à l’état latent dans l’éther primordial et s’éveillent pour engendrer les mondes. Vach représente le côté féminin de la puissance créatrice de Brahma, à un niveau ontologique bien supérieur à celui occupé par Saraswati. Les lois de Manu (livre 4, 256) enseignent que « c’est la Parole qui fixe toutes choses, c’est la Parole qui en est la base, c’est de la Parole que toutes choses procèdent ».

DURGA, ou KALI est la déesse de la création matérielle. Qu’on l’appelle par son nom grec GAÏA, africain OSHUN, égyptien ISIS, ou la centaine d’autres noms qui lui sont attribués à travers le monde, il s’agit en fait de la même divinité, notre mère la Terre, BHU en sanskrit. Déesse à l’apparence terrifiante portant des armes dans ses dix bras et se déplaçant sur un lion, symbole même de son héroïsme, Durga piétine les vices et porte un serpent qui évoque le temps destructeur. Ombre de l’énergie spirituelle, elle est l’agent créateur (la mère), préservateur, et destructeur de l’univers matériel.

Toutes ces déesses s’inscrivent dans une tradition ancienne de shaktisme, ou adoration de LA déesse, qui remonte à l’antique Véda elles sont décrites. Cette tendance culmine dans le culte d’une déesse générique, MAHADEVI, nommée aussi DURGA ou KALI selon ses différentes manifestations et les régions elle est vénérée. Elle incarne l’énergie divine de l’univers. Dans la tradition monothéiste hindoue vaishnava, cette énergie féminine divine, la shakti, a une source mâle nommée shaktiman, que ce