Dans La Lumière De Srimati Radharânî Et De Sri Krishnâ

verdure appelle donc à Lui les gopîs (les bergères), au premier rang desquelles se place Srimati Radhârânî. Ici, Sri Krishna est le Seigneur Suprême et Srimati Radhârânî est Son énergie de Félicité qui Lui apporte le Plaisir. Les gopîs secondaires sont à leur tour des émanations de Srimati Radhârânî ; en cela, elles sont des manifestations de l’Energie Interne du Seigneur quand Srimati Radhârânî représente l’Energie Interne Elle-Même. On assiste donc à une sorte de procession avec à sa tête Sri Krishna (Dieu), qui appelle Srimati Radhârânî (l’Energie Interne de Félicité), suivis des autres gopîs (elles-mêmes émanations « secondaires » de l’énergie de Félicité). La splendide beauté de Srimati Radhârânî est là pour bien illustrer qu’elle est cette ineffable Puissance de Félicité du Seigneur. Le chant de la flûte de Sri Krishna, c’est à dire l’appel du Seigneur, est irrésistible. Le texte de Chandidasa décrit comment les bergères abandonnent tout pour se rendre au rendez-vous fixé par Krishna, les unes abandonnant leurs travaux terrestres, leurs petits enfants, les autres jusqu’à leur bonne réputation d’épouses. Chacune des gopîs pense qu’elle est la seule à être appelée. Il convient effectivement d’abandonner tout ce qui est matériel et de s’éloigner du monde pour rejoindre le Seigneur. Toutes les traditions authentiques s’accordent sur ce point.

Sri Krishna, qui est entouré de verdure appelle donc à Lui les gopîs (les bergères), au premier rang desquelles se place Srimati Radhârânî. Ici, Sri Krishna est le Seigneur Suprême et Srimati Radhârânî est Son énergie de Félicité qui Lui apporte le Plaisir. Les gopîs secondaires sont à leur tour des émanations de Srimati Radhârânî ; en cela, elles sont des manifestations de l’Energie Interne du Seigneur quand Srimati Radhârânî représente l’Energie Interne Elle-Même. On assiste donc à une sorte de procession avec à sa tête Sri Krishna (Dieu), qui appelle Srimati Radhârânî (l’Energie Interne de Félicité), suivis des autres gopîs (elles-mêmes émanations « secondaires » de l’énergie de Félicité). La splendide beauté de Srimati Radhârânî est là pour bien illustrer qu’elle est cette ineffable Puissance de Félicité du Seigneur. Le chant de la flûte de Sri Krishna, c’est à dire l’appel du Seigneur, est irrésistible. Le texte de Chandidasa décrit comment les bergères abandonnent tout pour se rendre au rendez-vous fixé par Krishna, les unes abandonnant leurs travaux terrestres, leurs petits enfants, les autres jusqu’à leur bonne réputation d’épouses. Chacune des gopîs pense qu’elle est la seule à être appelée. Il convient effectivement d’abandonner tout ce qui est matériel et de s’éloigner du monde pour rejoindre le Seigneur. Toutes les traditions authentiques s’accordent sur ce point.

Elles arrivent à Brindabon, mais, à leur vue, le malicieux Kanou s’écrie : « Ô Laitières, la nuit est profonde, pourquoi dérogez-vous aux lois de la nature ? Ne savez-vous pas que la réputation des jeunes femmes est souillée quand elles s’approchent de moi ? » « Ô Jadunatte, -répond doucement Radha-, quel souci ai-je du renom de ma famille ? J’ai immolé ma caste et ma réputation devant tes deux pieds. Pourquoi me parler d’elles encore ? Je me suis toute vouée à ton amour. Pourquoi, cette nuit, évoques tu ces soucis ? Tu es le kajal de mes paupières… Tu es l’idole de mon coeur. Pourquoi te comporter ainsi avec moi ? Pourquoi as-tu ces étranges pensées ? Toi qu’on dit être la source de vie de Braja, est-ce là ta conduite ? Amour aux yeux de lotus, je ne t’apporte que mon âme ; j’ai laissé mon corps chez moi… J’ai tout abandonné pour venir me mettre sous la protection de tes deux pieds… Ô, joueur de flûte, ne me repousse pas… ce serait si méchant. Mon âme perd le repos si pendant un seul instant je cesse de voir ton visage… Mon esprit indigne n’est satisfait que par ta vue. Le chagrin étreint ma gorge quand je ne puis te contempler… Il me semble me trouver dans une chambre nocturne dont la lampe serait éteinte… Tu es pour nous toutes comme la prunelle de nos yeux : Toutes, nous croyons en toi… Tu es celui qui orne le monde, ton nom est “Celui qui exauce les désirs”. Tu es amoureux, Krishna, que puisje t’apprendre, Ô toi qui sais tout… Ô Prince, tu peux me dire tout ce que tu désires ; les miens me sont devenus étrangers, et toi, l’étranger, tu es devenu mien. Le feu de mon coeur étincelle. A qui confierai-je mes souffrances quand j’éprouve déjà de la peine à me les avouer à moimême ?

Change ton coeur cruel, ne me dis plus ces paroles mauvaises, tu ne le dois pas… Ma belle soeur que j’exècre, a étendu son filet de médisance et m’a surnommée : “l’Amante maudite de Sham”. Je la laisse répandre ses vilenies et je porte la honte qui m’est venue par toi, comme une chaîne d’or précieuse… Les reproches dangereux du monde ont pénétré jusque chez moi et je dois maintenant supporter aussi tes rigueurs. Tu me donnas ton amour la première fois que tu me vis. Voles-tu donc les âmes pour le plaisir d’en rire ensuite ? J’ai, pour ton amour abandonné mon mari. Nous ne pouvons pas, folles comme nous le sommes, demeurer ainsi devant toi…Tous les mots que tu m’as dits depuis le premier jour où je te vis, sont maintenant pour moi des flèches blessantes. Tu m’as fait des serments d’amour que tu n’as pas tenus… Ah ! Y a t-il un être aussi malheureux que moi à qui je pourrais dire ma souffrance ? Si nous, femmes, avions agi comme toi, nous serions mortes pour avoir rompu notre promesse… Mais on le tolère de toi parce que tu es un homme. Ô Krishna ! Je t’adresse une prière… Quel besoin avais-tu, l’autre jour, de venir choir à mes pieds ? Je me confie à toi comme je le ferais à un ami. Ô fils de Nanda, quel besoin avais tu de me mentir ? Je vais te redire tes paroles ; lève toi pour les entendre. Pour la dernière fois de ma vie, tourne toi vers moi… Regarde moi une fois encore avant que je m’en aille… ».

A ces paroles de Radha, le Prince d’Amour pleure, ému et troublé . Mais ses reproches taquins ont offensé sa bien-aimée… Son coeur souffre, son visage témoigne de sa peine ; elle tremble et les beaux lotus de ses yeux sont rougis par les larmes… Quittant ses compagnes, elle va s’asseoir au pied d’un madhobi, où elle demeure silencieuse et prostrée… Pâle est la lune de son visage ; nerveusement elle racle la terre avec son pied gauche. Les pendeloques de perles suspendues à ses narines se balancent au souffle de ses soupirs… Un grand feu de désespoir consume le coeur de Raï, et quand une de ses compagnes vient à elle et lui conseille, en lui demandant la cause de son chagrin, de retourner auprès de Sham (Krishna), elle s’obstine dans son silence…

Le Prince d’Amour, dans son berceau de verdure, est aussi plein de tristesse. Il sent que Radha l’aime et pourtant il n’est pas heureux…Il prend sa flûte et bien que son coeur soit en peine, il fait entendre un chant joyeux… Sur sa flûte douce comme le miel, il appelle “Radha, Radha” et répand dans les airs une mélodie rapide exprimant tous ses sentiments amoureux… Si doux est le chant de Krishna, que les bêtes et les oiseaux du bois s’en réjouissent et que les biches sylvestres charmées se réunissent au pied des collines… Il s’efforce par ses expressions vibrantes de mettre fin à la fâcherie de Radha, qui toujours persiste… La flûte messagère, en ses rythmes divins, chante tous ses secrets d’amour… Mais la princesse, dans sa solitude, refuse de répondre à son appel… Nagar (Krishna), inquiet, oublie tous ses anciens bonheurs pour ne plus regarder que le chemin conduisant vers Radha ; le mal de l’absence grandit en son coeur… Plusieurs fois par seconde, il soupire et ne sait plus, dans sa peine, que répéter le nom de sa bien-aimée… Il ne sait pas que son diadème de plumes de paon, sa robe, son pagne doré, sont tombés… Il ne sait pas où ont chu son collier de pierres précieuses, les parures de ses cheveux, sa couronne de frais kunchis, sa flûte mielleuse, ses lourds grelots… Il ne sait pas… Des flots de larmes coulent de ses yeux… ET CHANDISA LUI-MEME A CETTE VUE SE SENT TRISTE. Accablé de peine, le Prince d’Amour, malheureusement, ne mâche plus son bétel… « Ah, dit-il, j’oublierai tout, je cesserai d’être taquin et malicieux, afin de lui plaire et de la satisfaire ». Puis, il demande qu’une messagère se rende auprès de Radha : « Je saurai vite la consoler si on me la ramène – dit-il –. Allez, vite ! J’ai chanté sur ma flûte pour qu’elle me revienne ».

Alors que dans les Voies spirituelles abrahamiques, la chute de l’Homme dans la matière représente une punition divine et que tout le Chemin Initiatique consiste pour l’être Humain sur le Sentier de la Rédemption, à réintégrer cette Unité Divine perdue, et donc à effacer la malédiction de la dualité, dans le Krishnaïsme, Dieu Se fait volontairement deux parce qu’Il veut contempler Sa Propre Splendeur. L’idée du 2 ainsi conçue, devient noble. C’est pour cela que Srimati Radhârânî est qualifiée de “fille de Roi”, dans le sens où la Puissance de Félicité devient la fille du Seigneur Suprême. Srimati Radhârânî ne veut donc que satisfaire le Plaisir que Sri Krishna a de jouir de toute Sa Puissance de Félicité. Les reproches et les plaintes que Srimati Radhârânî adresse à Sri Krishna, ne sont à comprendre qu’au sens métaphorique. Lorsque Srimati Radhârânî exprime de la Jalousie ou de l’amertume, c’est qu’elle trouve que les autres gopîs n’aiment pas assez Sri Krishna et qu’Il n’éprouve pas assez de Plaisir avec elles. Elle s’en désole, car dans ces conditions, Sri Krishna, ne peut pas suffisamment contempler Sa Puissance de Félicité. Dieu, qui S’est fait deux pour pouvoir Se Contempler dans Sa Splendeur et expérimenter une relation d’Amour avec Lui-Même, veut toujours augmenter Sa Puissance de Félicité. Tout ce qui s’oppose à la Contemplation Parfaite qu’Il a de Lui-Même, Le rend triste. Et tout dévot très élevé dans la Conscience de Sri Krishna sait que la capacité d’Amour de Srimati Radhârânî est infinie et qu’ici bas, nous n’aurons accès qu’à une parcelle de l’énergie de Srimati Radhârâni. En effet, le monde matériel ne pourrait pas supporter le déploiement intégral de l’énergie Interne du Seigneur, même dans Sa seule division hladini. Srimati Radhârânî est un exemple à suivre pour tous les dévots du Seigneur, car Elle est l’exemple Suprême de l’Amour Pur et passionné pour Dieu.

« Ô Prince, -répond la laitière qui doit servir de messagère-, j’irai de suite consoler Radha et m’efforcer de la ramener à toi ». Elle dit, et diligente, se rend auprès de Radha qui, l’ayant vu venir, a incliné la tête… Mais sa compagne l’entoure de ses bras affectueux et lui parle : « Quelle conduite est la tienne, mon amie ? Nul ne la comprend… Tu quittes Nagar à qui tu t’es consacrée…Tu abandonnes cet incomparable amant que tu cherchais si anxieusement sur le chemin. Es tu heureuse à présent que tu as quitté celui pour qui tu tressais tes cheveux plusieurs fois par jour ? Te souviens-tu comme tu mettais une écharpe noire sur ta tête afin de lui plaire ? Quel besoin as-tu de tarder à aller vers lui ? Fais preuve de bonne volonté… Va retrouver le Prince d’Amour… Radha jolie, pourquoi es-tu fâchée ? Quel pouvoir admirable as-tu donc pour parvenir à abandonner Sham ? Ecoute dans quelle extrémité il est tombé ; écoute comment il vient de m’apparaître ; il ramassait de sa main gauche les lotus tombés qui avaient orné les tresses de tes cheveux… Il les tenait dans le creux de sa paume et les regardait en pleurant… Voilà, oui, voilà ce que j’ai vu… Veux-tu que je te le fasse constater de tes propres yeux ? Radha, je l’ai vu qui tel un yogi, méditait sur toi. C’est pourquoi j’essaie de te ramener à lui… Oublie ta fâcherie et cours vite le rejoindre… Il ne fait que répéter ton nom et, de sa main droite, il serre doucement son index gauche consacré aux prières… Ô ma jolie, regarde moi… Lève vers moi ton visage de lune et écoute tandis que je te parle de Kanou. Il a veillé toute la nuit pour toi et son tourment est extrême. Radha, si tu consens seulement à passer autour de ton cou le collier de fleurs de Sham et sa guirlande incomparable en feuille de bétel, je sais que tout ton ressentiment s’évanouira. Lève vers moi ton visage, regarde moi une seule fois… Si tu cesses de voir Krishna, tu mourras de douleur… Il est assis, solitaire dans le berceau de verdure. Estce ainsi que tu te conduis, toi qui es belle, toi le symbole de la tendresse ? Pourquoi abandonner l’Amour ? As-tu bien réfléchi à ton ressentiment ? Tu n’es pourtant pas cruelle, jolie Radha ; relève ta tête… Pourquoi délaisser un tel amant ? Qui t’empêche de continuer à vivre ton amour ? Je n’ai jamais vu une jeune femme aussi ferme et obstinée que toi. Nagar (Krishna), qui est un puits de vertu, succombe par ta faute sous la tristesse. Va de suite voir ses yeux de lotus, va de suite voir le plus beau d’entre les hommes… ».

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