Jardins

jardin un environnement idéal pour la prière et l’introspection mais il y puisait aussi cette simplicité et ce réconfort qu’offre la nature à une personne comme lui qui avait côtoyé les sommets vertigineux d’une célébrité planétaire. Comme le dit un vieux proverbe anglais :

“Dieu a fait la campagne et l’homme a fait la ville”.

VÉNÉRATION de la PLANTE TULASI

“À une époque où la majorité des hommes s’écarte de plus en plus d’un mode de vie naturel et s’attire, par une conduite erronée, de menaçantes maladies, nous devons retourner aux simples plantes que Dieu, dans Sa bonté, a mises à notre disposition depuis des temps immémoriaux. Contre chaque maladie, il y a une plante qui pousse”, dit l’autrichienne Maria Treben en préface de son livre au succès planétaire “La Santé à la Pharmacie du Bon Dieu”.

En Inde, où la spiritualité fait partie intégrante de la vie quotidienne de millions de personnes, une plante en particulier a depuis des millénaires non seulement gagné ses lettres de noblesse pour son usage thérapeutique mais fait aussi l’objet d’une véritable vénération. Il s’agit de la plante Tulasi, connue aussi sous le nom de basilic sacré (ocimum tenuiflorum), de la famille des lamiacées.

La célèbre guru indienne Amma, connue pour ses étreintes maternelles salvatrices à des millions de personnes dans le monde, a lancé il y a quelques années une singulière alerte dans tous les réseaux Greenfriends : “Cultivez le plus possible des Tulasis !” Appuyant les efforts de reconstruction de milliers de maisons détruites lors du tsunami de 2004, elle a insisté pour que tous les lieux reconstruits soient entourés de plantes de Tulasi. De son côté, le célèbre thérapeute indo-américain Deepak Chopra recommande aussi de cultiver des Tulasis. Pourquoi donner à cette plante une telle importance ? “Le monde tourne mal et c’est comme si Tulasi pouvait nous sauver en cas de grave crise alimentaire, sanitaire, ou autre”, avance avec conviction un cultivateur de la plante dans l’un des jardins indiens d’Amma.

De son côté, la science contemporaine a validé jusqu’à 57 composants pour cette plante proche de notre basilic. Elle a confirmé de puissantes vertus adaptogènes, assorties de propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires, antivirales et analgésiques. C’est pourtant son aspect sacré qui est avant tout honoré par ceux qui suivent les traditions védiques et la voie de la réalisation spirituelle.

Nommée par les sages de l’Inde “la Mère des plantes médicinales”, ou “La Reine des herbes”, Tulasi apparaît dans des textes fondamentaux vieux de plusieurs milliers d’années. “On la nomme souvent Vishnu Priya, c’est-à-dire la bien-aimée du Seigneur Vishnu”, résume Lionel Poirot, herbaliste français et médecin ayurvédique. Impossible de compter toutes les mentions qui en sont faites dans les écrits védiques ou épopées antiques ! Dans le Skanda Purana, par exemple “J’offre mon hommage respectueux à Tulasi Devi qui détient le pouvoir de réduire à néant et sur le champ de nombreux actes coupables. Le simple fait de regarder ou toucher cet arbuste suffit à libérer un être de toute angoisse et de tous les maux. Le seul geste de lui rendre son hommage ou de la nourrir d’un peu d’eau libère de la crainte d’être envoyé au régent de la mort Yamaraja qui châtie les impies”. Dans le Bhagavata Purana et le Mahabharata, une déesse qui voulait exprimer sa dévotion à Vishnou s’est incarnée en Tulasi “afin de Lui être offerte à chaque prière”. Le traité ayurvédique Charaka Samhita mentionne ses diverses propriétés de guérison. Le Padma Purana affirme par ailleurs que partout où elle pousse, on ne connaît ni “la misère, la peur, la maladie et la pauvreté. Elle rend les lieux saints encore plus dignes de louanges”. De fait, même si dans de nombreux rituels hindous d’autres fleurs ou plantes comme le lotus, l’hibiscus, le jasmin ou les feuilles de bétel sont offertes aux divinités, Tulasi a toujours bénéficié d’un statut à part.