Jardins

Divin avatar botanique, descendue sur terre pour accompagner les humains, Tulasi a toujours eu une place privilégiée dans les innombrables rites ponctuant le quotidien. Il n’est pas rare de voir au milieu des temples hindous un immense arbuste de Tulasi autour duquel les fidèles effectuent une circumbulation plusieurs fois par jour en récitant ou en chantant “O réservoir de beauté, je voudrais que tu vives dans mon humble jardin et qu’à jamais tu y resplendisses de verdure, car tu combles tous les souhaits de ceux qui recherchent tes faveurs … je sais que marcher ou danser autour de toi réduit à chaque pas le poids des fautes passées, serait-ce même le meurtre d’un brahmana”.

Selon la tradition Tulasi est aussi présente dans la cour ou à l’intérieur de nombreuses maisons individuelles, où elle a la réputation de chasser les démons. Dans beaucoup de fermes indiennes on mélange les feuilles séchées de Tulasi aux stocks de céréales, blé, orge… pour en repousser les insectes.

Lors des Pujas, cérémonies rituelles pour diverses occasions, le brahmana officiant peut offrir des feuilles de Tulasi à une divinité de son choix, ou recevoir d’une divinité une guirlande faite de ses feuilles, guirlande qu’il partage ensuite avec d’autres fidèles. Une française présente à l’un de ces rituels se souvient de ce jour où l’on a mis à son cou une guirlande sacrée de Tulasi “Jamais je n’avais ressenti pareille charge énergétique. Or je fréquente les plantes depuis longtemps”.

Les tiges séchées d’arbustes de Tulasi sont aussi façonnées en perles pour les chapelets, ou malas, dont se servent les fidèles pour prier. En récitant les 108 noms du Divin, ou simplement en récitant le maha-mantra Hare Krishna, on égrène les 108 perles de Tulasi. On considère que de tels chapelets mettent directement sous la protection de Krishna, ou Vishnou. La Tulasi est ainsi associée au divin et à l’amour. Et encore aujourd’hui, Tulasi est le prénom que de nombreux parents choisissent de donner à leur fille, en espérant ainsi spiritualiser son existence.

1- extraits, entre autres de Corinne Morel, Le jardin des sagesses, Presses du Chatelet, 2006

2- magazine Inexploré n°38 du 21/05/2018, https://www.inrees.com

3- extraits, entre autres https://dangerousminds.net/

4- La Santé à la Pharmacie du Bon Dieu, Maria Treben (1907-1991)

 

Conclusion Seme et Dieu fera pousser

La beauté a toujours fasciné le monde !

Comment de célèbres poètes peuvent-ils observer avec tant de précision une nature si prodigue qu’elle élève leur âme et qu’ils peignent ensuite dans leurs vers cette beauté qui les inspire ?

Comment cette communauté, ce chanteur célèbre ou ces croyants sincères se mettent-ils littéralement à aimer la terre, à lui montrer le plus grand respect, à lui offrir ce qu’ils ont de plus précieux, leur temps, leur énergie ou leurs richesses ?

La recherche du beau commune à tous ces “jardiniers de la vie” a ce côté vertueux qui fait oublier toutes les médiocrités du monde. Une vie vertueuse élève la conscience, étape primordiale pour la réalisation spirituelle. Et si au terme de cette réalisation l’âme pouvait retrouver le paradis perdu, véritable jardin céleste ! Et si cet Eden avait pour cadre un simple univers champêtre, apothéose de la beauté et de l’harmonie, ou toute parole ne serait que chant et tout mouvement une danse !

Et si tout comme la chenille au terme de longs efforts atteint sa métamorphose et se transforme en une seule vie en papillon, de même l’homme éveillé à la conscience spirituelle était assuré au terme de ses efforts et de ses incarnations d’atteindre la libération suprême et rejoindre ce monde spirituel, d’y retrouver Dieu et de s’y divertir en Sa joyeuse compagnie !

C’est du moins ce qu’affirment depuis plusieurs millénaires les nobles pensées védiques.

Pages ( 11 of 11 ): « Page précédente12345678910 11