Jardins

“Loué sois-tu Seigneur, pour notre sœur la Terre,
Notre mère qui nous porte et qui nous nourrit,
Qui produit la diversité des fruits, avec les fleurs colorées et les herbes”.

Plusieurs millénaires avant saint François, le célèbre Rig Véda indien comporte un Hymne à la Terre :

“Universelle génitrice, mère des plantes,
Immuable et vaste Terre que maintient la Loi,
pacifique, hospitalière :
Puissions-nous marcher le long d’elle toujours !”

Dans la même tradition indienne védique, on trouve ce verset des Upanishads :

“De même que d’un arbre en fleurs le parfum se perçoit de loin,
de même d’une action sainte le parfum se perçoit de loin”.

La culture grecque a aussi son Hymne à la Terre avec Homère :

“Je vais chanter la Terre, la mère de toutes choses, la solide,
La vénérable aïeule qui nourrit sur son sol tout ce qui existe,
Tous les êtres qui marchent sur le sol divin ou nagent dans la mer,
Tous ceux qui se nourrissent de ta richesse ou volent dans les airs.
Grâce à toi les hommes ont de beaux enfants et de belles moissons,
O souveraine ! De la vie c’est toi qui aux mortels a fait le don,
Et c’est toi qui le leur reprends. Heureux celui que tu bénis
Car il possède désormais toute chose en abondance”.

La Perse, bien que très désertique, a célébré les jardins et la terre. Le proverbe persan “la vie est une rose, respire-la et donne-la à ton ami” a sûrement inspiré Saadi qui vécut au 13e siècle, et a composé “Le Jardin des roses”, lors d’un de ses voyages en Inde. Cet extrait montre combien il savait observer la nature.

Un arbre qui a nouvellement pris racine peut
Être extirpé par la force d’un seul homme
Mais au bout d’un certain temps il résistera,
Même à la puissance du treuil.
Il est possible d’endiguer avec une bêche
Un ruisseau à sa source,
Mais lorsque son lit s’élargit, lorsque ses
Flots grossissent, il devient impossible
De le traverser même à dos d’éléphant.

À la même époque le célèbre mystique persan Rumi, dans “Rubai’yat” célèbre les jardins :

Le monde est verdoyant, tout rempli de jardins,
Illuminé par le visage d’une beauté souriante.
Partout brillent les joyaux venant de la mine,
Partout se trouve une âme qui correspond avec une âme.

Le cœur est un jardin secret où se cachent des arbres
Il manifeste cent formes, mais n’a qu’une seule forme.
C’est un océan immense, sans limites et sans rives
Cent vagues s’y brisent : les vagues de chaque âme.