Jardins

Suivant ce principe, Findhorn mène des travaux de reforestation considérables, est entièrement autonome en énergie, fait ses constructions en écohabitat, et réduit de façon évidente son empreinte carbone.

Dans le magazine Inexploré n°38 du 21/05/2018 intitulé “La conscience de la nature : son intelligence peut-elle nous inspirer ?”, la journaliste Anselme Carine partage son expérience “Vivre la magie de Findhorn” :

“En ce samedi matin, étrangement radieux pour les Highlands, nous sommes neuf, sept stagiaires et deux facilitatrices, s’apprêtant fébrilement à vivre cette semaine hors du temps dans le quotidien de cette communauté spirituelle et holistique qui n’impose ni doctrine ni croyances formelles. Sept jours de pleine présence, reliés au sacré. Car, comme le clame Pierre Rabhi : “Si l’humanité doit évoluer, cette évolution se fera dans le sacré, dans une conscience que la vie est magique, belle, enchanteresse, que la nature est un don, la manifestation d’un principe qui nous dépasse”. Le sacré, à Findhorn, est partout. Dans les petits mots inspirés, disséminés des jardins aux… toilettes. Dans les rituels qui rythment les journées, redonnant sens et saveur au temps. Dans les liens profonds, aussi, qui se créent spontanément. Sans oublier la beauté des forêts et landes environnantes, sublimes invitations à la contemplation.

Australie, États-Unis, Hongrie, Portugal, France, Pays-Bas, Irlande, Angleterre et Écosse, rien que dans notre petit groupe, nos provenances – tout comme nos âges, allant de 20 à 70 ans – illustrent la diversité de ceux qui affluent depuis plus d’un demi-siècle à Findhorn. Si nos existences diffèrent, nous sommes tous en transition. Certains viennent pour se ressourcer, d’autres traversent des passages escarpés et sont en quête d’un changement de vie. Quelques-uns envisagent même de rejoindre cette communauté, qui compte environ 400 personnes. Durant cette semaine d’expérience, préalable à tout autre stage, nous mettrons en pratique les trois principes clés de Findhorn : l’écoute intérieure, la cocréation avec la Nature et le ‘Love in action’. Ce service désintéressé, appelé “séva” dans la voie yogique, consiste à mettre en action nos principes intérieurs et à œuvrer pour la communauté dans un de ses départements (cuisine, entretien, jardinage, etc.) assigné par tirage au sort… Faute de quoi, ce serait la ruée sur les potagers, réputés mondialement pour leur incroyable abondance.

Pour ma plus grande joie, j’atterris en cuisine. J’y ai le champ libre pour interpréter, en cocréation avec l’équipe, les merveilleux légumes des cultures de Findhorn, dont l’énergie est ‘palpable’. (les repas sont végétariens, voire vegan pour ceux qui le souhaitent).

Nous sommes guidés dans notre visite du jardin Cullerne où sont cultivés ces légumes, par Jewels, une jardinière qui se définit comme activiste environnementale. Elle évoque les temples sacrés’ où poussent ces cadeaux de la nature, la ‘pouponnière’ où grandissent tranquillement les plants avant d’être semés en pleine terre, et nous explique que chaque plantation de graine est accompagnée de la récitation d’un mantra, d’une intention d’amour. Depuis les travaux de Masaru Emoto, on connaît l’impact vibratoire et énergétique des pensées et émotions sur l’eau, les aliments, etc. Initialement, je pensais que cette expérience de l’amour en action serait accessoire, en marge des autres activités prévues. Or, elle est devenue le cœur de ce séjour. Servir, nourrir, cocréer… Je me suis rarement sentie autant à ma place, aussi joyeuse, vivante, avec l’impression d’avoir trouvé une autre voie d’expression ! Bien que nous cuisinions en un temps réduit, en petite équipe, pour plus d’une centaine de personnes, le respect et l’écoute font partie des ‘ingrédients’ de base. L’équipe tourne quotidiennement et nous prenons le temps, au début du service, de nous connecter – de partager, après une courte méditation, nos itinéraires et la météo du jour, avant de nous mettre aux fourneaux. C’est le rituel de tune-in, temps de silence et de mise au diapason, indissociable des activités, tout comme le tune-out qui clôt symboliquement toute session ou action par un partage”.