Jardins

Cette vision écologique et holistique a conduit la communauté à créer l’un des plus anciens éco-villages au monde.

Dans le contexte apocalyptique de notre époque où l’on cultive une vision de la nature terriblement réductrice et matérialiste, évacuant avec elle des millénaires de sagesse populaire et de croyances, cette aventure unique au monde nous montre à l’aide de résultats concrets comment l’être humain a tout à gagner quand il prend en compte les mondes sensibles qui l’entourent. Il s’agit là d’une invitation puissante à recréer du lien, entre humains d’abord, avec la nature ensuite, et enfin avec Dieu. Ces relations se sont hélas perdues au gré de l’histoire au fur et à mesure que l’humain s’est enfoncé dans une recherche égocentrique du plaisir, basée sur la conquête du monde et l’asservissement de la nature.

GEORGES HARRISON, BEATLE et JARDINIER DE TALENT

Le célèbre chanteur et musicien Georges Harrison a toujours été un passionné de jardinage. Dès 1964 il acquiert une propriété dans le village anglais de Kinfauls, dans le Surrey et se lance dans le jardinage. Mais c’est surtout à Henley on Thames, le Friar Park Mansion, château victorien de style néo-gothique qu’il achète pour environ 150 000 euros en 1970 que débute l’aventure jardinière de Georges qui en fera son véritable terrain de jeux et de créations florales. Quand il acquiert cette superbe propriété (qui a maintenant une valeur de 17 millions d’euros), elle est dans un tel état de délabrement qu’il la sauve de la démolition. Les parcs et jardins de 15 hectares sont alors une véritable jungle. Jusqu’à sa mort en 2001, Georges fera de ce lieu terrestre un véritable paradis. Après la séparation des Beatles, Georges s’est littéralement jeté dans des travaux de défrichage, d’élagage, de tontes et de plantations. Engageant au quotidien une équipe de 10 jardiniers, il planifie méticuleusement avec eux tout l’aménagement paysager de nombreux espaces verts, bosquets et jardins. Il plante des jasmins, des miscanthus, des millepertuis, des érables, des bouleaux, des fougères, des anémones japonaises kirengeshomas, des herbacées, des hortensias, des zebransis, des magnolias, des kahilis, et toutes sortes de fleurs saisonnières. En 1970, le décor de Friar Park, avec des nains disposés autour d’un Harrison en bottes, chapeau et vêtements de jardinier, sert de couverture à son célèbre triple album solo “All Things Must Pass”. Il y dédie d’ailleurs une chanson nommée “Ballad of Sir Frankie Crisp (Let It Roll) ” à l’ancien propriétaire et fondateur de cette propriété. Lors de son enfance dans cet immense palais de 120 pièces, Dhani, le fils de Georges et Olivia Harrison a toujours cru que son père était jardinier professionnel plutôt que musicien.

Georges Harrison a d’ailleurs composé un de ses plus grands tubes “Here Comes the Sun” dans le jardin d’une autre légende de la musique Eric Clapton. En 1980 Georges dédie son autobiographie “I, Me, Mine” aux jardiniers de partout. Il écrit “Je suis vraiment un type simple. Je ne veux pas être happé à plein temps par le business, parce que je suis avant tout un jardinier. Je plante des fleurs et je les vois pousser. Je ne vais jamais dans les clubs, dans les réceptions. Je reste chez moi et regarde couler la rivière. Il m’arrive de penser que je ne suis pas sur la bonne planète. C’est dans mon jardin que je me sens le mieux. D’ailleurs dès que je franchis le portail pour sortir, je me dis : bon sang qu’est-ce que je fous ici ?”

Son épouse Olivia se confie dans l’introduction d’une réédition de “I Me Mine”, en 2003, “Je lui disais ‘Oh Georges, ton dernier coin de jardin est superbe’. Et il me répondait ‘Tu sais bien que ce n’est pas mon jardin, Olivia’. C’était toujours sa façon de se rappeler que nous sommes de purs esprits, que l’Esprit est dans chaque grain de sable appartenant à tous et à personne, que rien n’est ‘à moi’ et que le ‘Je’ auquel on se réfère tous doit être compris comme le petit ‘je’ au milieu de l’univers. Georges dénonçait et se moquait de tous les ‘Je, moi, mien’ de ce monde, y compris les