–6– La consommation de viande et les lois du karma

Tout ce que l’homme fait aux animaux retombe sur l’homme.” Pythagore

Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille.” Léon Tolstoï

Lorsque nous nous posons la question si l’homme a le droit de tuer les animaux, et que nous reconnaissons que la réponse est négative, nous nous posons logiquement la question suivante : Pourquoi n’est-il pas permis à l’homme de tuer les animaux et qu’arrive-t-il s’il le fait malgré tout – tel que c’est le cas aujourd’hui ?

Alors que les philosophies et religions occidentales n’arrivent même pas à définir si les animaux ont droit à la vie ou peuvent être abattus impunément, les Ecritures védiques se prononcent clairement et contiennent des explications concernant tous les domaines de la vie, matériels et spirituels. L’élément décisif à comprendre en la matière est le thème du karma.

Le mot sanskrit karma veut dire textuellement “action” et indique que chaque acte ou action dans ce monde matériel occasionne des suites (réactions) diverses à court et à long termes. Chaque être humain exécute le “karma” (actions) et est donc automatiquement soumis à la loi du karma, à la loi des actions et réactions qui fixe pour chaque action (bonne ou mauvaise) une conséquence correspondante future (bonne ou mauvaise). Lorsque l’on parle du karma d’une personne, on désigne donc la réaction prédestinée à un acte librement exécuté par elle (action).

La loi du karma n’est pas seulement une théorie orientale mais bien une loi naturelle toute aussi inévitable que la loi de gravitation ou l’écoulement du temps. A chaque action suit une réaction. Selon cette loi, les douleurs et peines infligées à d’autres créatures retombent sur nous. “L’homme récolte ce qu’il a semé” car la nature a sa propre justice universelle. Personne ne peut contourner la loi du karma – hormis ceux qui ont compris comment elle fonctionne.

La connaissance que toutes les incarnations ont une âme, c’est-à-dire qu’il s’agit d’âmes spirituelles immortelles séjournant dans des corps éphémères, est déterminante pour .la compréhension de cette loi du karma. Krishna décrit l’âme spirituelle dans l’écriture centrale védique, la Bhagavad-gita, comme la source de la conscience qui pénètre le corps entier et lui permet de vivre. Lorsque l’âme quitte le corps on parle de “mort“. Par conséquent, anéantir le corps d’une âme comme nous le faisons en tuant un animal, est un grand péché pour un être humain.

L’âme ne dispose de la liberté de décision consciente que dans la forme de vie humaine. Mais avec cette liberté, l’homme doit aussi prendre la responsabilité de tous ses actes. De ce fait, on attend de lui qu’il comprenne les principes supérieurs de la vie tels que par exemple la loi du karma et qu’il réagisse en conséquence car “l’ignorance ne permet pas d’échapper au châtiment”.

La compréhension de la loi du karma permet de voir les suites épouvantables de l’abattage des animaux. Même quelqu’un qui ne tue pas lui-même des animaux est complice car selon la loi du karma, chaque participant – celui qui élève l’animal, celui qui le tue, celui qui vend la viande, celui qui la cuit, celui qui la sert et celui qui la mange – provoque les réactions correspondantes.

Mais la loi du karma n’a pas uniquement une valeur individuelle mais aussi collective, c’est-à-dire valable pour des actes de groupes (familles, communes, nations ou la planète entière), exécutés collectivement ou tolérés. Si les hommes garantissent le respect des lois divines, la société entière en profite. Si par contre, une société permet des actes injustes, brutaux et impies, elle héritera du karma collectif correspondant qui se révélera par des guerres, des catastrophes naturelles, la détérioration de l’environnement, des épidémies, etc.

Sa Divine Grâce A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada (1896-1977), le traducteur du sanskrit le plus connu du 20ème siècle et fondateur du mouvement Hare Krishna, écrivait en 1974“:

“Celui qui tue des animaux et leur inflige des douleurs inutiles – comme les hommes le font dans les abattoirs – sera tué de la même manière dans ses prochaines vies. Un tel péché ne sera jamais excusé. Celui qui tue professionnellement des milliers d’animaux afin de procurer de la nourriture animale aux autres hommes, doit s’attendre à mourir de manière similaire de vie en vie…”

Il y a beaucoup de criminels qui violent leurs propres principes religieux. Dans les écritures judéo-chrétiennes, il est dit très clairement: Tu ne tueras point”. Cependant, même les guides spirituels de ces religions permettent l’abattage des animaux tout en voulant être considérés comme des personnes “saintes” et en trouvant de nombreuses excuses pour leur comportement.

Une telle hypocrisie et un tel ridicule dans la société contemporaine nous conduisent à des catastrophes innombrables ; c’est la raison pour laquelle nous vivons parfois de grandes guerres. Par milliers, ces gens vont sur les champs de batailles et s’entre-tuent. Et maintenant nous avons inventé la bombe atomique qui n’attend que de servir à une destruction en masse.

“Si les humains, dans leurs vies futures, veulent être délivrés de ce ‘tuer et être tué’, ils doivent se tourner vers la conscience de Krishna et arrêter de pécher. La Société Internationale pour la Conscience de Krishna recommande à chacun de s’abstenir de consommer de la viande… Nous demandons à chacun de cesser ces actes impies et de chanter le mantra Hare Krishna. De cette manière, les êtres humains peuvent se délivrer de vies et de morts répétées”. (Caitanya- caritamrta, Madhya-lila 24.251, teneur et portée)

Un grand nombre de gens craint aujourd’hui une guerre mais permet de sang froid le massacre de milliers d’animaux dans les abattoirs, les fabriques de viande et laboratoires d’expériences médicales sans se rendre compte du lien étroit entre ces actes de violence.

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