{"id":1504,"date":"2016-01-05T13:00:37","date_gmt":"2016-01-05T12:00:37","guid":{"rendered":"http:\/\/festivaldelinde.org\/fr\/?p=1504"},"modified":"2020-12-09T08:47:27","modified_gmt":"2020-12-09T07:47:27","slug":"leau-sature","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/festivaldelinde.org\/fr\/leau-sature\/","title":{"rendered":"L&#8217;Eau Sature"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"1504\" class=\"elementor elementor-1504\" data-elementor-settings=\"{&quot;ha_cmc_init_switcher&quot;:&quot;no&quot;}\" data-elementor-post-type=\"post\">\n\t\t\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-dc96528 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"dc96528\" data-element_type=\"section\" data-settings=\"{&quot;_ha_eqh_enable&quot;:false}\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-c86cb5c\" data-id=\"c86cb5c\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-eb969f1 elementor-widget__width-initial elementor-fixed elementor-toc--minimized-on-tablet elementor-widget elementor-widget-global elementor-global-1615 elementor-widget-table-of-contents\" data-id=\"eb969f1\" data-element_type=\"widget\" data-settings=\"{&quot;headings_by_tags&quot;:[&quot;h4&quot;],&quot;exclude_headings_by_selector&quot;:&quot;footer&quot;,&quot;marker_view&quot;:&quot;bullets&quot;,&quot;min_height&quot;:{&quot;unit&quot;:&quot;px&quot;,&quot;size&quot;:0,&quot;sizes&quot;:[]},&quot;_position&quot;:&quot;fixed&quot;,&quot;icon&quot;:{&quot;value&quot;:&quot;fas fa-circle&quot;,&quot;library&quot;:&quot;fa-solid&quot;},&quot;no_headings_message&quot;:&quot;No headings were found on this page.&quot;,&quot;minimize_box&quot;:&quot;yes&quot;,&quot;minimized_on&quot;:&quot;tablet&quot;,&quot;min_height_tablet&quot;:{&quot;unit&quot;:&quot;px&quot;,&quot;size&quot;:&quot;&quot;,&quot;sizes&quot;:[]},&quot;min_height_mobile&quot;:{&quot;unit&quot;:&quot;px&quot;,&quot;size&quot;:&quot;&quot;,&quot;sizes&quot;:[]}}\" data-widget_type=\"table-of-contents.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-toc__header\">\n\t\t\t\t\t\t<h4 class=\"elementor-toc__header-title\">\n\t\t\t\tTable des mati\u00e8res\t\t\t<\/h4>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-toc__toggle-button elementor-toc__toggle-button--expand\" role=\"button\" tabindex=\"0\" aria-controls=\"elementor-toc__eb969f1\" aria-expanded=\"true\" aria-label=\"Open table of contents\"><i aria-hidden=\"true\" class=\"fas fa-chevron-right\"><\/i><\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-toc__toggle-button elementor-toc__toggle-button--collapse\" role=\"button\" tabindex=\"0\" aria-controls=\"elementor-toc__eb969f1\" aria-expanded=\"true\" aria-label=\"Close table of contents\"><i aria-hidden=\"true\" class=\"fas fa-chevron-up\"><\/i><\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div id=\"elementor-toc__eb969f1\" class=\"elementor-toc__body\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-toc__spinner-container\">\n\t\t\t\t<i class=\"elementor-toc__spinner eicon-animation-spin eicon-loading\" aria-hidden=\"true\"><\/i>\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-5e117d1 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"5e117d1\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p align=\"JUSTIFY\"><b>L<\/b>\u2019eau, vaste sujet, qui ne coule pas forc\u00e9ment de source ! On peut l\u2019aborder sous tellement d\u2019angles diff\u00e9rents sans pour autant aller \u00e0 l\u2019essentiel. Je vous propose d\u2019entamer une r\u00e9flexion globale sur le monde qui nous entoure, d\u2019aborder les probl\u00e9matiques environnementales de l\u2019eau pour essayer de les relier \u00e0 des solutions spirituelles. Dans cette approche nous essaierons de nous r\u00e9f\u00e9rer aux textes fondateurs de la sagesse indienne, V\u00e9das, Upanisads et Puranas.<\/p>\n<h4><b>L\u2019ARBRE BANIAN INVERS\u00c9<\/b><\/h4>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans la\u00a0<i>Bhagavad Gita\u00a0<\/i>(15,1) Krishna compare l\u2019univers mat\u00e9riel, dans toute sa complexit\u00e9, \u00e0 un arbre banian qui serait \u00e0 l\u2019envers. Les banians sont connus pour l\u2019enchev\u00eatrement de leurs branches et racines qui ne cessent de se replanter dans le sol et repousser. Mais dans cet arbre que d\u00e9crit ici Krishna, ses racines pointent vers le haut et ses branches vers le bas. Si notre m\u00e9moire n\u2019a pas souvenir en ce monde d\u2019un tel arbre la t\u00eate en bas, il existe pourtant bel et bien, et on le trouvera pr\u00e8s de l\u2019onde miroitante. Tout arbre situ\u00e9 sur les berges d\u2019un fleuve s\u2019y refl\u00e8te et son reflet a effectivement les racines vers le ciel et les branches en bas. En d\u2019autres termes, ce banian de l\u2019univers mat\u00e9riel n\u2019est autre que le reflet de l\u2019arbre originel,\u00a0<i>paravyoma<\/i>, l\u2019univers spirituel. Et, tout comme l\u2019image de l\u2019arbre sur l\u2019eau n\u2019est rien qu\u2019un reflet, de m\u00eame le monde mat\u00e9riel et les millions de d\u00e9sirs des \u00eatres qui l\u2019habitent ne sont qu\u2019un p\u00e2le reflet du monde spirituel. Ce sont ces millions de d\u00e9sirs qui nous pr\u00e9sentent les choses sous des angles diff\u00e9rents, et nous incitent \u00e0 prendre pour r\u00e9els des objets qui ne sont que temporaires et p\u00e9rissables, tels notre corps et celui de tous ceux qui nous entourent ainsi que les milliers d\u2019objets qui meublent notre quotidien. Krishna recommande \u00e0 tous ceux qui veulent \u00e9chapper \u00e0 cette illusion, ou en d\u2019autres termes \u00e0 ce mirage de l\u2019existence mat\u00e9rielle, de conna\u00eetre cet arbre banian en profondeur, en l\u2019\u00e9tudiant de fa\u00e7on analytique et \u00eatre ainsi capable de trancher les liens qui les attachent \u00e0 ce monde.<\/p>\n<h4><b>L\u2019\u00caTRE VIVANT et L\u2019\u00c9NERGIE SUP\u00c9RIEURE<\/b><\/h4>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les V\u00e9das d\u00e9crivent l\u2019\u00eatre humain comme\u00a0<i>atma\u00a0<\/i>ou\u00a0<i>brahmasmi<\/i>, fragment \u00e9ternel du divin ou \u00e2me spirituelle de m\u00eame nature divine que le Brahman Supr\u00eame, et le disent appartenir \u00e0 l\u2019\u00e9nergie sup\u00e9rieure,\u00a0<i>para prakriti<\/i>, ce qui lui conf\u00e8re un droit de contr\u00f4le sur les \u00e9l\u00e9ments inf\u00e9rieurs de l\u2019\u00e9nergie mat\u00e9rielle,\u00a0<i>apara prakriti<\/i>. Dans le chapitre 7 de la\u00a0<i>Gita<\/i>, \u00ab la connaissance de l\u2019Absolu \u00bb, Krishna \u00e9num\u00e8re les divers \u00e9l\u00e9ments qui constituent l\u2019\u00e9nergie mat\u00e9rielle, les \u00e9l\u00e9ments de cet arbre-reflet : \u00ab\u00a0<i>Terre, eau, feu, air, \u00e9ther, mental, intelligence et faux-ego, ces huit \u00e9l\u00e9ments, distincts de Moi-m\u00eame, constituent Mon \u00e9nergie inf\u00e9rieure\u00a0<\/i>\u00bb. Il y pr\u00e9sente donc l\u2019eau comme un des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019\u00e9nergie mat\u00e9rielle inf\u00e9rieure et pr\u00e9cise plus loin : \u00ab\u00a0<i>Outre cette \u00e9nergie mat\u00e9rielle, une autre \u00e9nergie est Mienne, une \u00e9nergie sup\u00e9rieure, spirituelle, constitu\u00e9e par les \u00eatres vivants, qui luttent avec acharnement au sein de cette nature mat\u00e9rielle et en exploitent les diverses ressources\u00a0<\/i>\u00bb. La conscience de l\u2019\u00eatre vivant est donc \u00e0 l\u2019origine enti\u00e8rement pure, \u00e0 l\u2019image de l\u2019eau. Mais d\u00e8s que cette conscience se trouble, comme une eau modifi\u00e9e par un colorant, sa puret\u00e9 originelle s\u2019efface. Cette transformation de la conscience s\u2019op\u00e8re au contact des diverses influences de l\u2019\u00e9nergie mat\u00e9rielle, passion, vertu et ignorance, qui poussent l\u2019\u00eatre vivant \u00e0 rev\u00eatir toutes sortes de corps mat\u00e9riels et errer sans fin dans la roue du\u00a0<i>samsara<\/i>, le cycle infernal des morts et naissances en ce monde de mati\u00e8re.<\/p>\n<h4><b>LA TENDANCE \u00c0 VOULOIR MA\u00ceTRISER L\u2019\u00c9NERGIE MAT\u00c9RIELLE<\/b><\/h4>\n<p align=\"JUSTIFY\">Aussi longtemps que la conscience de l\u2019\u00eatre n\u2019est pas claire, il reste conditionn\u00e9 par l\u2019illusion, avec une conception erron\u00e9e de son vrai moi. S\u2019identifiant \u00e0 son corps mat\u00e9riel, il d\u00e9veloppe une notion fausse de lui-m\u00eame, ou faux-ego, et perd tout sens\u00a0de sa nature r\u00e9elle. Ignorant la voie lib\u00e9ratrice, l\u2019\u00eatre \u00e0 la conscience troubl\u00e9e s\u2019identifie de plus en plus au reflet de l\u2019arbre sur l\u2019eau ce qui le condamne \u00e0 se r\u00e9incarner, \u00e0 changer de corps comme on change de v\u00eatements, pour subir les cons\u00e9quences de ses actes, son\u00a0<i>karma<\/i>, tant\u00f4t positif, tant\u00f4t n\u00e9gatif. La conscience ainsi voil\u00e9e de l\u2019\u00eatre, au contact de ces influences mat\u00e9rielles que sont vertu, passion et ignorance, varie d\u2019un individu \u00e0 l\u2019autre selon son degr\u00e9 de puret\u00e9. Sous l\u2019influence de la mati\u00e8re, chacun croit \u00eatre cr\u00e9ateur et possesseur de tout ce qui l\u2019entoure, ou b\u00e9n\u00e9ficiaire l\u00e9gitime de toutes sortes de plaisirs terrestres. Ainsi les \u00eatres vivants dot\u00e9s de corps humains croient tous individuellement et collectivement pouvoir ma\u00eetriser et contr\u00f4ler l\u2019\u00e9nergie mat\u00e9rielle qui les entoure. Parmi ces \u00e9l\u00e9ments de la nature mat\u00e9rielle que les humains cherchent \u00e0 ma\u00eetriser, l\u2019eau est au premier plan.<\/p>\n<h4><b>LA MA\u00ceTRISE DE L\u2019EAU PAR L\u2019HOMME<\/b><\/h4>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00c0 travers le pouvoir hydraulique et l\u2019\u00e9dification de gigantesques barrages, le nucl\u00e9aire et les bassins de refroidissement de ses \u00e9normes centrales, l\u2019homme a l\u2019impression de ma\u00eetriser l\u2019eau et de l\u2019asservir \u00e0 ses besoins.<\/p>\n<ul>\n<li>\n<p>Chaque jour, il se construit dans le monde 2 nouveaux barrages de taille significative, et on est pass\u00e9 de 500 barrages importants en 1950 \u00e0 plus de 45 000 aujourd\u2019hui, ce qui correspond \u00e0 un rythme de 2 nouveaux barrages mis en service par jour.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>En 2012, 31 pays totalisaient 436 r\u00e9acteurs nucl\u00e9aires en activit\u00e9, dont 58 en France, 104 aux \u00c9tats-Unis et 16 en Chine ; mais la Chine, \u00e0 elle seule, a d\u00e9j\u00e0 entam\u00e9 la construction de 29 nouveaux r\u00e9acteurs et en pr\u00e9voit 216 d\u2019ici fin 2030. En 2010, il s\u2019agissait de 7 545 GWh\/ jour pour l\u2019ensemble des r\u00e9acteurs, soit 17 % de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 mondiale.<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans cette course effr\u00e9n\u00e9e au contr\u00f4le de l\u2019\u00e9nergie, qui nous apporte certes un confort tr\u00e8s agr\u00e9able avec l\u2019eau courante, l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 ou le chauffage, beaucoup de chiffres font froid dans le dos, car ils montrent les cons\u00e9quences catastrophiques d\u2019une gestion des ressources loin d\u2019\u00eatre ma\u00eetris\u00e9s.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans le seul domaine de l\u2019eau, et sans entrer dans tous les d\u00e9tails d\u2019une \u00e9tude approfondie sur son utilisation, par exemple dans l\u2019industrie agro-alimentaire ou d\u2019autres secteurs, une simple observation des donn\u00e9es statistiques sur sa pollution par certaines industries, ainsi que la pollution des oc\u00e9ans par les plastiques, hydrocarbures et d\u00e9chets en tous genres, nous donne d\u00e9j\u00e0 une id\u00e9e de l\u2019\u00e9tendue du d\u00e9sastre.<\/p>\n<ul>\n<li>\n<p align=\"JUSTIFY\">Une \u00e9tude de 2008 de l\u2019Electric Power Research Institute montre que les centrales nucl\u00e9aires consomment davantage d\u2019eau de refroidissement que tous les autres types de centrales thermiques, qu\u2019elles soient au fioul, au gaz ou au charbon, \u00e0 savoir de 133 000 \u00e0 190 000 litres d\u2019eau par MWh pour les centrales \u00e0 refroidissement en prise directe. En France, o\u00f9 les \u00e9pisodes de temp\u00e9ratures extr\u00eames de plusieurs \u00e9t\u00e9s r\u00e9cents ont attir\u00e9 l\u2019attention sur le probl\u00e8me, les centrales nucl\u00e9aires consomment chaque ann\u00e9e environ 19 milliards de m\u00e8tres cubes d\u2019eau, ce qui en fait le secteur \u00e9conomique le plus gourmand en eau de tout le pays, loin devant l\u2019agriculture.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p align=\"JUSTIFY\">Selon l\u2019UNESCO, de 300 milliards \u00e0 500 milliards de kilos de m\u00e9taux lourds, boues toxiques, solvants, et autres d\u00e9chets dangereux sont d\u00e9vers\u00e9s chaque ann\u00e9e dans les mers par les industriels du monde entier. Cela repr\u00e9sente en moyenne 12 700 kilos de polluants qui viennent infecter les eaux \u00e0 chaque seconde.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>8 millions de d\u00e9tritus sont jet\u00e9s dans les mers et les oc\u00e9ans chaque jour. Environ 5 millions (63 %) de ces objets sont des d\u00e9chets solides, tomb\u00e9s ou jet\u00e9s depuis les bateaux.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>Chaque ann\u00e9e, de 6,5 \u00e0 8 millions de tonnes de d\u00e9chets plastiques sont d\u00e9vers\u00e9es dans les oc\u00e9ans, soit 206 kilos de plastique par seconde, qui finissent en microparticules ing\u00e9r\u00e9es par la faune marine.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>50 millions de kilos d\u2019hydrocarbures sont d\u00e9vers\u00e9s chaque ann\u00e9e dans les oc\u00e9ans, ce qui ne repr\u00e9sente \u00ab que \u00bb 2,5 % de la pollution marine !<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>120 millions de sacs \u00e9chouent sur nos c\u00f4tes tous les ans, soit pr\u00e8s de 4 sacs \u00e0 chaque seconde. Ces sacs, la plupart non biod\u00e9gradables, polluent nos plages en plus du danger qu\u2019ils repr\u00e9sentent pour les esp\u00e8ces animales qui les avalent r\u00e9guli\u00e8rement.<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"JUSTIFY\">Gigantesque fiasco mondial d\u00fb \u00e0 de cupides industries \u00e9nergivores et \u00e0 des comportements humains totalement irresponsables, cette situation alarmante ne donne nullement l\u2019impression d\u2019une gestion saine et responsable par ces fragiles humains qui, bien qu\u2019originellement purs, infimes parcelles de divin, ont supplant\u00e9 le Ma\u00eetre Absolu et s\u2019approprient sans le moindre scrupule les ressources d\u2019\u00e9nergies qu\u2019ils contr\u00f4lent sans se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la moindre connaissance spirituelle des lois de l\u2019univers.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il suffit d\u2019ailleurs qu\u2019un tsunami arrive, que de fortes pluies provoquent des inondations ravageuses, que des barrages c\u00e8dent ou que des avalanches recouvrent de neige ou de boue des vall\u00e9es enti\u00e8res, et que toutes ces catastrophes emportent avec elles des milliers de vies, pour que l\u2019homme perde le contr\u00f4le et r\u00e9alise que dans sa lutte pour l\u2019existence il est comparable \u00e0 ce petit moustique qui finira tr\u00e8s vite par \u00eatre \u00e9cras\u00e9. L\u2019eau, cette mati\u00e8re premi\u00e8re que l\u2019homme cherche \u00e0 ma\u00eetriser, est largement utilis\u00e9e par ce dernier pour \u00e9vacuer toutes sortes de d\u00e9chets et autres \u00e9l\u00e9ments ind\u00e9sirables. En quelques d\u00e9cennies de domination intensive, le r\u00e9sultat est sans appel :<\/p>\n<ul>\n<li>\n<p>des milliers de rivi\u00e8res pollu\u00e9es par l\u2019utilisation excessive de produits chimiques<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>la plupart des fleuves des pays fortement industrialis\u00e9s souill\u00e9s par des hordes de d\u00e9chets rejet\u00e9es dans l\u2019oc\u00e9an jusqu\u2019\u00e0 y former un v\u00e9ritable continent de plastiques et d\u00e9riv\u00e9s<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>l\u2019extinction de plus en plus rapide de la faune aquatique, avec la p\u00eache dans le monde qui repr\u00e9sente 171 millions de tonnes de poissons et crustac\u00e9s r\u00e9colt\u00e9s annuellement. Autrement dit, chaque seconde ce sont plus de 5 400 kg de poissons et produits de la mer qui sont extraits des oc\u00e9ans, soit en p\u00eache sauvage, soit en aquaculture. Il y a pr\u00e8s de 4,6 millions de navires de p\u00eache dans le monde et l\u2019industrie de la p\u00eache repr\u00e9sente un chiffre d\u2019affaires de 362 milliards d\u2019euros, dont 232 milliards pour l\u2019aquaculture.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>le fameux vortex du Pacifique, immense continent de plastique o\u00f9 la faune avale du plastique \u00e0 hauteur de 12 \u00e0 24 000 tonnes par an, soit pr\u00e8s de 66 tonnes ing\u00e9r\u00e9es chaque jour.<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"LEFT\">Beaucoup de scientifiques contemporains explorent l\u2019univers depuis leurs laboratoires, dans le but de permettre \u00e0 l\u2019homme de se rendre ais\u00e9ment sur d\u2019autres plan\u00e8tes de notre univers pour s\u2019en accaparer les ressources qui manquent ici. Mais ces plans \u00e0 long terme cachent en fait la triste r\u00e9alit\u00e9 dont ils n\u2019ont pas vu venir la crise de l\u2019\u00e9nergie et les nombreuses cons\u00e9quences catastrophiques de leurs diverses inventions. Comment oser conqu\u00e9rir l\u2019espace quand on a cr\u00e9\u00e9 dans son propre environnement une situation devenue ing\u00e9rable. Jeter, enfouir, cacher des d\u00e9chets sans en \u00e9valuer les cons\u00e9quences est le propre d\u2019enfants bien peu responsables.<\/p>\n<h4><b>MULTIPLES APPELS AU SECOURS<\/b><\/h4>\n<p align=\"JUSTIFY\">De nombreux savants, scientifiques, ou personnes c\u00e9l\u00e8bres lancent r\u00e9guli\u00e8rement des alertes face aux probl\u00e8mes urgents auxquels fait face la Terre. Parmi eux Aur\u00e9lien Barrau, professeur \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Grenoble-Alpes, sp\u00e9cialiste des trous noirs et des astroparticules, qui est chercheur au Laboratoire de physique subatomique et de cosmologie du CNRS. Il n\u2019a plus peur de parler de fin du monde et affirme tr\u00e8s fort que nous sommes en train de mettre en place le crash du \u00ab syst\u00e8me plan\u00e8te terre \u00bb. \u00c9coutons-le quelques instants : \u00ab\u00a0<i>On ne peut pas continuer \u00e0 faire comme si la pens\u00e9e \u00e9cologiste \u00e9tait l\u2019apanage de doux dingues, et comme si le dogme d\u2019une croissance immod\u00e9r\u00e9e \u00e9tait l\u2019apanage des gens s\u00e9rieux. C\u2019est exactement l\u2019inverse. Il faut que cette id\u00e9e p\u00e9n\u00e8tre la soci\u00e9t\u00e9. Aujourd\u2019hui, pr\u00f4ner une croissance continue revient exactement \u00e0 dire : \u201cOn est face au gouffre, acc\u00e9l\u00e9rons\u201d. On ne peut pas continuer comme \u00e7a. Face \u00e0 l\u2019urgence, on n\u2019a plus le choix. L\u2019enjeu est d\u2019inventer un avenir radicalement autre\u00a0<\/i>\u00bb. Pour Aur\u00e9lien Barrau, si l\u2019on veut limiter la casse, il n\u2019existe plus gu\u00e8re qu\u2019une seule solution : \u00ab\u00a0<i>que les gens au pouvoir prennent imm\u00e9diatement des mesures radicales restreignant notre confort et notre libert\u00e9, comme il existe d\u00e9j\u00e0 des mesures restreignant, par exemple, notre libert\u00e9 de conduire \u00e0 n\u2019importe quelle vitesse\u00a0<\/i>\u00bb. Bien s\u00fbr, devant ces craintes fond\u00e9es qui gagnent de plus en plus les consciences, un peu partout sur la plan\u00e8te, l\u2019homme cherche \u00e0 \u00e9viter les p\u00e9nuries qui s\u2019annoncent, \u00e9viter les guerres et les flux massifs d\u2019immigrants qui se profilent \u00e0 l\u2019horizon, ou tout simplement \u00e9viter la fin du monde. Mais est-ce vraiment possible et pourquoi en est-on arriv\u00e9 l\u00e0 ?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cet homme que la\u00a0<i>Bhagavad Gita\u00a0<\/i>nous d\u00e9crit comme appartenant originellement \u00e0 l\u2019\u00e9nergie divine aurait-il oubli\u00e9 si facilement ses origines ? Il semble bien que oui, h\u00e9las, et qu\u2019il ne sait m\u00eame plus comment se comporter dignement dans l\u2019environnement qui est le sien. L\u2019animal fait mieux, en de nombreuses circonstances ! Car, quoi qu\u2019il en soit, l\u2019animal reste toujours \u00e0 sa place. Il sait apprendre et observer depuis la position humble que lui a r\u00e9serv\u00e9e la nature. Quand l\u2019homme, lui, ce grand conqu\u00e9rant des terres, des mers et de l\u2019espace ne remet jamais en question sa position acquise de cr\u00e9ateur et d\u2019exterminateur de toute vie ! Nous sommes tous t\u00e9moins de cette catastrophe. Cette ressource essentielle \u00e0 la vie qu\u2019est l\u2019eau, qui coule \u00e0 flots depuis l\u2019aube de la cr\u00e9ation, commence \u00e0 se rar\u00e9fier, \u00e0 dispara\u00eetre de beaucoup d\u2019endroits devenus de v\u00e9ritables d\u00e9serts. Elle se liqu\u00e9fie dans les p\u00f4les o\u00f9 elle \u00e9tait congel\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, et menace de submerger tant de terres actuellement habit\u00e9es. De nombreux sages et visionnaires ont pr\u00e9dit que la prochaine guerre mondiale porterait sur le contr\u00f4le de l\u2019eau. Les mouvements de troupes autour des banquises et des glaciers de la plan\u00e8te sont-ils un funeste avertissement que ces pr\u00e9dictions sont sur le point de se r\u00e9aliser ?<\/p>\n<h4><b>REPENSER NOTRE RAPPORT AVEC LES \u00c9L\u00c9MENTS<\/b><\/h4>\n<p align=\"JUSTIFY\">Une nature malmen\u00e9e aura toujours tendance \u00e0 reprendre le dessus un jour. Il est impensable, inimaginable, de voir un enfant vouloir tuer la m\u00e8re qui le nourrit. Et pourtant l\u2019homme dans son inconscience en arrive d\u00e9sormais \u00e0 empoisonner cette terre-m\u00e8re et ces fleuves nourriciers qui le font vivre. Parmi les nombreuses tentatives contemporaines pour aider l\u2019humain \u00e0 repenser son rapport avec le monde qu\u2019il habite, celle de James Lovelock, \u00e9cologiste anglais, m\u00e9rite qu\u2019on s\u2019y arr\u00eate. D\u00e8s 1970 il \u00e9met une th\u00e9orie, appel\u00e9e hypoth\u00e8se Ga\u00efa, empruntant le nom et l\u2019image de la d\u00e9esse-m\u00e8re Ga\u00efa, qui personnifie selon lui \u00ab\u00a0<i>la Terre comme un \u00eatre vivant\u00a0<\/i>\u00bb (titre de son ouvrage fondateur). Selon lui, la Terre est un syst\u00e8me intelligent qui s\u2019autor\u00e9gule et qui permet le d\u00e9veloppement de la Vie. \u00c0 sa suite, divers courants\u00a0<i>New Age\u00a0<\/i>revendiquent la notion et d\u00e9veloppent des th\u00e9ories Ga\u00efa. L\u2019hypoth\u00e8se Ga\u00efa postule que l\u2019atmosph\u00e8re de la Terre est pr\u00e9serv\u00e9e et r\u00e9gul\u00e9e de mani\u00e8re active par la vie \u00e9voluant \u00e0 sa surface, c\u2019est \u00e0 dire par la biosph\u00e8re. La biosph\u00e8re fonctionne ainsi comme un organisme unique au sein duquel chaque interaction concourt au maintien de la vie.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab\u00a0<i>L\u2019ensemble des \u00eatres vivant sur Terre \u2013des baleines aux virus, des ch\u00eanes aux algues\u2013 peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme formant une entit\u00e9 vivante unique, capable de manipuler l\u2019atmosph\u00e8re de la Terre de mani\u00e8re \u00e0 satisfaire ses besoins g\u00e9n\u00e9raux et dot\u00e9e de facult\u00e9s et de pouvoirs sup\u00e9rieurs \u00e0 ceux de ses parties constituantes\u00a0<\/i>\u00bb, \u00e9crit Lovelock. Un constat qui est coh\u00e9rent avec l\u2019origine de l\u2019atmosph\u00e8re et de toute vie sur Terre. Consid\u00e9rer ainsi Ga\u00efa nous invite \u00e0 repenser les fondements de notre rapport \u00e0 la nature et l\u2019\u00e9cologie. \u00ab\u00a0<i>Il s\u2019agit d\u2019une alternative \u00e0 cette vision destructrice qui voit dans la nature une force primitive \u00e0 dominer et \u00e0 conqu\u00e9rir\u00a0<\/i>\u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L\u2019hypoth\u00e8se Ga\u00efa concr\u00e9tise l\u2019id\u00e9e que nous habitons une plan\u00e8te vivante, et devons ainsi modifier notre perception du monde. Nous vivons dans la plan\u00e8te et non plus sur la plan\u00e8te. Parall\u00e8lement \u00e0 la reconnaissance et \u00e0 la description analytique de Ga\u00efa en termes biochimiques, g\u00e9ophysiques ou math\u00e9matiques nous attend sa d\u00e9couverte subjective et sensorielle.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Lovelock reste optimiste. Il \u00e9crit en 1984 dans sa contribution \u00e0 l\u2019ouvrage collectif\u00a0<i>Ga\u00efa, pour une meilleure gestion de la plan\u00e8te\u00a0<\/i>: \u00ab\u00a0<i>J\u2019esp\u00e8re et je crois que l\u2019humanit\u00e9 parviendra \u00e0 mettre au point une technologie plus en harmonie avec Ga\u00efa. Les abondantes ressources renouvelables que procurent les \u00e9l\u00e9ments de Ga\u00efa \u2013 l\u2019\u00e9nergie, l\u2019eau, l\u2019air et le climat font de nous des millionnaires en puissance. Au moins avons-nous potentiellement l\u2019intelligence n\u00e9cessaire pour coop\u00e9rer avec Ga\u00efa plut\u00f4t que de la d\u00e9truire\u00a0<\/i>\u00bb.<\/p>\n<h4><b>LES CULTES AUX SOURCES, FLEUVES et RIVI\u00c8RES<\/b><\/h4>\n<p align=\"JUSTIFY\">La vaste arm\u00e9e des conqu\u00e9rants de la plan\u00e8te que sont les industriels, les chercheurs et les dirigeants des cent derni\u00e8res ann\u00e9es ont distill\u00e9 dans la population l\u2019id\u00e9e que les cultes anciens offerts aux fleuves comme le Nil, la Seine, le Danube ou le Gange pour assurer la prosp\u00e9rit\u00e9 des r\u00e9coltes ne sont qu\u2019un animisme simplet fort inutile face aux nouvelles technologies. On ne voit plus le fleuve comme un don divin, une figure nourrici\u00e8re qu\u2019il est important de respecter, voire de v\u00e9n\u00e9rer, mais comme une puissance qu\u2019il faut s\u2019approprier et soumettre.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ces cultes et adorations divers aux fleuves, aux sources et aux fontaines sacr\u00e9es sont pourtant un ph\u00e9nom\u00e8ne global r\u00e9prim\u00e9 tr\u00e8s durement \u00e0 l\u2019av\u00e8nement de l\u2019\u00e8re chr\u00e9tienne en Occident.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Jules Fran\u00e7ois Toutain arch\u00e9ologue fran\u00e7ais (1865-1961), professeur \u00e0 l\u2019\u00c9cole normale sup\u00e9rieure, s\u2019est particuli\u00e8rement int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 l\u2019eau. Il \u00e9crit en 1926 : \u00ab\u00a0<i>Le culte des fleuves, des eaux courantes, a \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral chez les Grecs et les Romains, comme chez la plupart des peuples de l\u2019antiquit\u00e9. Maxime de Tyr, qui vivait au deuxi\u00e8me si\u00e8cle de l\u2019\u00e8re chr\u00e9tienne, en porte t\u00e9moignage : \u201cLes \u00c9gyptiens, dit-il, rendent un culte au Nil, en raison de ses bienfaits ; les Thessaliens au P\u00e9n\u00e9e, en raison de sa beaut\u00e9 ; les Scythes au Danube, en raison du volume de ses eaux ; les \u00c9toliens \u00e0 l\u2019Ach\u00e9lo\u00fcs, en raison des traditions qui le concernent ; les Spartiates \u00e0 l\u2019Eurotas, parce que c\u2019est la loi ; les Ath\u00e9niens \u00e0 l\u2019Ilissus, conform\u00e9ment \u00e0 des rites myst\u00e9rieux.\u201d (Maxime de Tyr, VIII, 1) [\u2026]<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Lorsque l\u2019auteur de l\u2019<\/i>Iliade\u00a0<i>d\u00e9crit le combat d\u2019Achille contre le fleuve Scamandre, il nous montre le h\u00e9ros grec aux prises, non pas avec un \u00eatre divin de forme humaine, mais avec des eaux furieuses et bouillonnantes, qui envahissent toute la plaine, et dont seul le feu, r\u00e9pandu par Pha\u00efstos, peut avoir raison. Encore \u00e0 l\u2019\u00e9poque historique, les vierges de la Troade, \u00e0 la veille\u00a0<\/i><i>de se marier, allaient se baigner dans le Scamandre et chantaient, comme une litanie, comme un hymne sacr\u00e9 : \u201cO Scamandre, prend ma virginit\u00e9\u201d. Strabon rapporte que, pour honorer l\u2019Eurotas et l\u2019Alph\u00e9e, on jetait dans une source, que l\u2019on consid\u00e9rait comme l\u2019origine commune des deux fleuves, deux couronnes, et que l\u2019on retrouvait ensuite l\u2019une dans l\u2019Eurotas, l\u2019autre dans l\u2019Alph\u00e9e. C\u2019\u00e9tait donc bien au fleuve lui-m\u00eame, en tant que courant d\u2019eau, que le caract\u00e8re divin fut d\u2019abord attribu\u00e9 et que le culte fut rendu. [\u2026]<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Denys d\u2019Halicarnasse nous donne sur le Tibre un renseignement analogue : le fleuve qui arrose Rome, et qui, primitivement, s\u2019appelait l\u2019Albula, dut son nom \u00e0 un roi d\u2019Albe, Tiberinus ou Teberinus, qui p\u00e9rit dans ses eaux au cours d\u2019une bataille livr\u00e9e sur ses bords.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>L\u2019interpr\u00e9tation que nous donnons de ces traditions se trouve, croyons-nous, justifi\u00e9e par l\u2019existence \u00e0 Rome d\u2019un rite curieux, celui des Arg\u00e9es, qui se c\u00e9l\u00e9brait tous les ans, le jour des Ides de mai. Ce jour-l\u00e0, les Pontifes, les Vestales, et ceux des magistrats romains qui \u00e9taient tenus d\u2019assister aux c\u00e9r\u00e9monies religieuses, apr\u00e8s avoir offert un sacrifice, se rendaient sur le vieux Pont de Bois, le Pons Sublicius ou pont sacr\u00e9, et de l\u00e0 jetaient dans les eaux du Tibre trente mannequins, figurant des \u00eatres humains pieds et poings li\u00e9s, que l\u2019on appelait les Arg\u00e9es. Denys d\u2019Halicarnasse, \u00e0 qui nous devons ces d\u00e9tails, affirme que ces mannequins avaient remplac\u00e9 des victimes humaines. Sans doute, d\u2019apr\u00e8s lui, ces victimes \u00e9taient offertes au dieu Saturne ; mais pour lui, ce Saturne \u00e9tait une sorte de dieu supr\u00eame, embrassant toute la nature, et sous les ordres duquel, pourrait-on dire, chaque \u00e9l\u00e9ment poss\u00e9dait sa divinit\u00e9 propre [\u2026] Le caract\u00e8re divin d\u2019un fleuve r\u00e9sidait dans les eaux m\u00eames qui le constituaient, dans la courante qu\u2019elles formaient. P\u00e9n\u00e9trer dans ces eaux, traverser ce courant, c\u2019\u00e9tait porter atteinte \u00e0 ce caract\u00e8re ; ou, dans un autre ordre d\u2019id\u00e9es, c\u2019\u00e9tait entrer dans le domaine de la divinit\u00e9, dans ce domaine interdit aux \u00eatres humains, que les Romains d\u00e9signaient par le mot sacer, sacrum. [\u2026]<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>II est probable que cette conception de la puissance attribu\u00e9e aux divinit\u00e9s fluviales explique le sens religieux du mot pontifex. Sans aucun doute, pontifex signifiait tout d\u2019abord b\u00e2tisseur, constructeur, faiseur de ponts. Si le terme a \u00e9t\u00e9 employ\u00e9 pour d\u00e9signer les pr\u00eatres les plus importants de l\u2019\u00c9tat romain, il en r\u00e9sulte que la mission primitive des personnages ainsi d\u00e9sign\u00e9s\u00a0<\/i><i>avait une valeur sp\u00e9cialement religieuse, le caract\u00e8re et la port\u00e9e d\u2019un v\u00e9ritable rite. Quand il s\u2019agissait de jeter un pont sur un fleuve, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019attenter \u00e0 la puissance du courant, consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00e9l\u00e9ment divin, les pr\u00e9cautions religieuses n\u2019\u00e9taient pas superflues, et d\u2019autre part, que les pr\u00eatres, charg\u00e9s de prendre ces pr\u00e9cautions, aient form\u00e9 le coll\u00e8ge sacerdotal par excellence de Rome, c\u2019est l\u00e0 un fait qui d\u00e9montre quelle place tenait dans l\u2019histoire de la cit\u00e9, aux yeux des Romains eux-m\u00eames, la construction des ponts qui joignaient les deux rives du Tibre.\u00a0<\/i>\u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le culte offert \u00e0 la Seine, lui aussi, ne fait plus d\u00e9sormais aucun doute. C\u2019est cette fois en tant que Pr\u00e9sident de l\u2019Association bourguignonne des Soci\u00e9t\u00e9s Savantes, que M. Toutain publie\u00a0<i>Le sanctuaire et le culte de la Dea Sequana<\/i>, en relation avec les fouilles arch\u00e9ologiques men\u00e9es dans le vallon o\u00f9 la Seine prend sa source, et o\u00f9 des inscriptions ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que la d\u00e9esse des sources portait exactement le m\u00eame nom que le fleuve lui-m\u00eame, Sequana. Ce nom est inscrit sur un autel de pierre, sur une plaque de marbre, sur le col d\u2019un vase de terre cuite et sur plusieurs ex-voto.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">M. Toutain mentionne divers objets en rapport avec le culte de la Seine :<\/p>\n<p>\u00ab Les statues et figurines qui repr\u00e9sentaient des divinit\u00e9s, parmi les\u00adquelles on a cru reconna\u00eetre Sequana elle-m\u00eame, Apollon, Hercule, peut-\u00eatre Saturne, Junon diad\u00e8m\u00e9e, et surtout deux images de bronze d\u00e9couvertes par Henry Corot, l\u2019une consid\u00e9r\u00e9e soit comme la d\u00e9esse des sources, soit comme une Fortune ou une Abondance, debout sur une barque effil\u00e9e qui simule le corps d\u2019un canard, l\u2019autre figurant un jeune satyre debout, qui fait peut-\u00eatre allusion au caract\u00e8re sylvestre du vallon ;<\/p>\n<p>Les statues et reliefs qui repr\u00e9sentent des personnages apportant une offrande \u00e0 la divinit\u00e9, tant\u00f4t un petit animal, quadrup\u00e8de ou oiseau, tant\u00f4t un fruit, un vase, une bourse, ou encore une fl\u00fbte de Pan ;<\/p>\n<p>Des\u00a0<i>ex-voto\u00a0<\/i>de pierre ou de m\u00e9tal, qui figurent d\u2019une fa\u00e7on plus ou moins grossi\u00e8re des parties et des membres du corps humain : torses masculins et torses f\u00e9minins, nettement d\u00e9limit\u00e9s, complets par eux-m\u00eames ; jambes, pieds, mains, etc. \u00bb [\u2026]<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Il pr\u00e9cise les conclusions apport\u00e9es par ces fouilles quant au culte de la Seine : \u00ab\u00a0<i>Il n\u2019est pas douteux qu\u2019on venait demander \u00e0 la Dea Sequana la gu\u00e9rison des maladies les plus diverses. [\u2026] Outre ces ex-voto d\u2019un caract\u00e8re si original, les fid\u00e8les de la Dea Sequana apportaient dans son sanctuaire et lui d\u00e9diaient, pour exprimer leur v\u00e9n\u00e9ration et leur gratitude, pour s\u2019assurer sa protection, une foule d\u2019objets qui ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s plus ou moins intacts au cours des fouilles : vases de verre, de terre cuite ou de bronze, clochettes ou sonnailles, bagues, beaucoup de fibules de toutes formes et d\u2019\u00e9poques diverses, des perles en ambre rouge en forme de haches minuscules, etc.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Quoi qu\u2019il en soit des divergences d\u2019interpr\u00e9tation qui peuvent surgir \u00e0 propos de telle ou telle trouvaille, les r\u00e9sultats acquis attestent, sans aucun doute possible, l\u2019importance du sanctuaire, la popularit\u00e9 de la d\u00e9esse, l\u2019affluence des fid\u00e8les qui venaient implorer sa protection, user de ses eaux tenues pour salutaires, et lui rendre gr\u00e2ces. Les nombreuses monnaies d\u00e9couvertes dans le sanctuaire nous apprennent que le culte a \u00e9t\u00e9 c\u00e9l\u00e9br\u00e9 au moins pendant quatre cents ans, depuis l\u2019\u00e9poque d\u2019Auguste jusqu\u2019\u00e0 la fin du IV<\/i><i>e\u00a0<\/i><i>si\u00e8cle de l\u2019\u00e8re chr\u00e9tienne. La monnaie d\u2019attribution certaine la plus r\u00e9cente porte le nom et l\u2019effigie de l\u2019empereur Magnus Maximus, qui r\u00e9gna de 383 \u00e0 388 apr\u00e8s J.-C.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>L\u2019\u00e9poque d\u2019Auguste, la fin du IV<\/i><i>e\u00a0<\/i><i>si\u00e8cle de l\u2019\u00e8re chr\u00e9tienne : telles sont les deux dates, d\u00e9montr\u00e9es avec certitude, entre lesquelles se place l\u2019histoire du culte de la Dea Sequana.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Mais d\u2019une part il est l\u00e9gitime de supposer que la d\u00e9votion \u00e0 la d\u00e9esse existait parmi les populations gauloises au temps de leur ind\u00e9pendance ; d\u2019autre part, la fr\u00e9quence, la r\u00e9p\u00e9tition des interdictions, des anath\u00e8mes prononc\u00e9s contre le culte des fontaines, comme contre celui des arbres et des rochers, pendant la p\u00e9riode m\u00e9rovingienne et jusque sous Charlemagne, nous autorise \u00e0 penser que ladite d\u00e9votion ne s\u2019\u00e9vanouit pas d\u2019un seul coup, m\u00eame apr\u00e8s l\u2019apostolat de saint Martin. [\u2026]<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Mais ici, comme en beaucoup d\u2019autres points du monde antique, au culte pa\u00efen de S\u00e9quana succ\u00e9da la tradition chr\u00e9tienne de Sequanus, saint Seine, fondateur de l\u2019abbaye qui subsista pendant de longs si\u00e8cles l\u00e0 o\u00f9 se trouve actuellement le bourg de Saint-Seine l\u2019Abbaye, et dont le domaine s\u2019\u00e9tendait pr\u00e9cis\u00e9ment jusqu\u2019au vallon des sources de la Seine. D\u2019apr\u00e8s Court\u00e9p\u00e9e, les habitants de ce domaine se rendaient encore pendant le XVII<\/i><i>e\u00a0<\/i><i>si\u00e8cle aux sources de la Seine. Leur procession avait surtout pour objet d\u2019obtenir de la pluie en temps de s\u00e9cheresse. Elle se dirigeait vers la source, la Douix, suivant l\u2019expression locale ; les assistants y puisaient de l\u2019eau \u00e0 l\u2019aide de petits vases qu\u2019ils avaient apport\u00e9s et de cette eau ils aspergeaient le pr\u00eatre officiant, convaincus que, plus leur aspersion \u00e9tait abondante, plus t\u00f4t leurs voeux devaient \u00eatre exauc\u00e9s.\u00a0<\/i>\u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Beaucoup d\u2019autres chercheurs et \u00e9crivains ont consacr\u00e9 des livres \u00e0 cette adoration de l\u2019eau, sans, forc\u00e9ment, remonter \u00e0 l\u2019Antiquit\u00e9 classique et l\u2019\u00e9poque romaine d\u2019il y a 2000 ans, \u00e9tant donn\u00e9 que des cultes de l\u2019eau ont perdur\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e8re moderne, jusqu\u2019au d\u00e9but du XX<i>e\u00a0<\/i>si\u00e8cle. Comme en t\u00e9moigne par exemple le peintre et grand voyageur Gaston Vuillier qui, d\u00e8s son arriv\u00e9e \u00e0 Gimel en 1892, est fascin\u00e9 par la Corr\u00e8ze o\u00f9 il d\u00e9couvre les pratiques magiques de ses forgerons-gu\u00e9risseurs, les rituels secrets des \u00ab recommandeuses \u00bb qui savent \u00ab tirer les saints \u00bb et guider les malades aupr\u00e8s des fontaines sacr\u00e9es, et bien d\u2019autres \u00ab sorcelleries \u00bb. Il publie sous forme de reportages pour la revue\u00a0<i>Le Tour du Monde<\/i>, respectivement en 1899 et 1901, \u00ab Chez les magiciens et sorciers de la Corr\u00e8ze \u00bb et \u00ab Le culte des fontaines en Limousin \u00bb, r\u00e9sultats de la v\u00e9ritable enqu\u00eate qu\u2019il a consacr\u00e9e au monde des cures, de la d\u00e9votion aux fontaines et aux saints protecteurs. Ses dessins et aquarelles y sont en plus d\u2019une grande intensit\u00e9 et puissance compr\u00e9hensive, bien au-del\u00e0 d\u2019une simple enqu\u00eate documentaire.<\/p>\n<h4><b>L\u2019INDE ET SON RAPPORT \u00c0 L\u2019EAU<\/b><\/h4>\n<p align=\"JUSTIFY\">S\u2019il est un endroit sur terre o\u00f9 ses habitants ont gard\u00e9 une relation tr\u00e8s particuli\u00e8re avec l\u2019eau, c\u2019est bien l\u2019Inde. La particularit\u00e9 de ce pays est qu\u2019il a surv\u00e9cu aux diverses vagues oppressives qu\u2019a connues l\u2019Occident. Avec le d\u00e9but de l\u2019\u00e8re chr\u00e9tienne, il y a 2 000 ans, et, ses puissants pr\u00e9dicateurs enracinant son h\u00e9g\u00e9monie partout en Occident, on a vu peu \u00e0 peu dispara\u00eetre les cultes et adorations de l\u2019eau. Qualifi\u00e9s de pa\u00efens, ils sont remplac\u00e9s par des cultes vou\u00e9s \u00e0 des saints chr\u00e9tiens li\u00e9s \u00e0 des miracles et gu\u00e9risons dans ces m\u00eames sources et rivi\u00e8res embl\u00e9matiques. En deux mill\u00e9naires ces cultes \u00e0 des saints chr\u00e9tiens se sont essouffl\u00e9s \u00e0 leur tour, et ont pratiquement disparu face \u00e0 l\u2019offensive scientifique et industrielle de nos contemporains.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les habitants de l\u2019Inde ont, quant \u00e0 eux, gard\u00e9 leurs cultes tr\u00e8s vivants au fil de nombreux mill\u00e9naires, m\u00eame s\u2019ils n\u2019ont pas su h\u00e9las faire front devant l\u2019offensive de pollution g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e engendr\u00e9e par l\u2019industrie et les modes de vie contemporains.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L\u2019eau source de vie, l\u2019eau qui nourrit la terre, l\u2019eau qui gu\u00e9rit les maladies, oui bien \u00e9videmment, mais aussi, en Inde, l\u2019eau purificatrice et salvatrice. Bien au-del\u00e0 du rite chr\u00e9tien qui consiste \u00e0 immerger les corps pour le bapt\u00eame, symbole d\u2019une nouvelle vie, les hindous ont un rapport avec l\u2019eau qui d\u00e9passe largement ce seul rite de passage. Le\u00a0<i>brahmana\u00a0<\/i>par exemple vit constamment avec l\u2019eau, \u00e9tant dans l\u2019obligation de prendre une douche avant de cuisiner ou de faire un\u00a0<i>puja\u00a0<\/i>rituel, lavant \u00e0 grande eau sa cuisine avant et apr\u00e8s utilisation, pronon\u00e7ant simultan\u00e9ment des\u00a0<i>mantras\u00a0<\/i>pour bien impr\u00e9gner en son esprit la purification n\u00e9cessaire devant pr\u00e9c\u00e9der toute activit\u00e9 sacr\u00e9e. Que dire des bains rituels, en des endroits d\u00e9termin\u00e9s (confluents, lacs, \u00e9tangs\u2026) et \u00e0 des moments pr\u00e9cis, soumis \u00e0 des calculs astrologiques tr\u00e8s pointus ! Lors du dernier rite de passage, la mort, le corps d\u2019un hindou est plac\u00e9 sur un b\u00fbcher fun\u00e9raire, tr\u00e8s souvent sur les rives du Gange et apr\u00e8s en avoir fait la cr\u00e9mation, les membres de la famille du d\u00e9funt dispersent ses cendres dans le fleuve sacr\u00e9. L\u2019eau est ainsi la grande purificatrice, mais pas seulement ! On va m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 la v\u00e9n\u00e9rer dans ces gigantesques\u00a0<i>Pujas\u00a0<\/i>au Gange faits par des\u00a0<i>brahmanas\u00a0<\/i>offrant \u00e0 ses eaux des centaines de lampes allum\u00e9es et de magnifiques chants d\u2019hymnes sacr\u00e9s. Ou encore plus insolite, chaque cours d\u2019eau sacr\u00e9 a sa d\u00e9esse particuli\u00e8re, dont la statue qui la repr\u00e9sente est v\u00e9n\u00e9r\u00e9e personnellement \u00e0 des moments pr\u00e9cis, v\u00eatue et nourrie somptueusement.<\/p>\n<h4><b>L\u2019ORIGINE C\u00c9LESTE DU GANGE<\/b><\/h4>\n<p align=\"JUSTIFY\">L\u2019arriv\u00e9e du Gange dans les vastes plaines du continent indien n\u2019est pas seulement attribu\u00e9e aux glaciers des Himalayas, Gomukh, d\u2019o\u00f9 il tire sa source terrestre, mais a la particularit\u00e9 d\u2019avoir une source c\u00e9leste expliqu\u00e9e comme suit dans les V\u00e9das :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab\u00a0<i>Sri Vishnou, le b\u00e9n\u00e9ficiaire de tous les sacrifices, apparut en tant que Vamanadeva dans l\u2019ar\u00e8ne sacrificielle de Bali Maharaja. Il \u00e9tendit alors sa jambe gauche jusqu\u2019aux limites de l\u2019univers dont Il per\u00e7a l\u2019\u00e9corce avec l\u2019ongle de Son gros orteil. \u00c0 travers le trou ainsi form\u00e9, l\u2019eau pure de l\u2019oc\u00e9an causal p\u00e9n\u00e9tra dans cet univers sous la forme du Gange. Ayant lav\u00e9 les pieds pareils au lotus du Seigneur, que recouvre une poudre rouge, les eaux du Gange prirent une magnifique teinte ros\u00e9e. Tous les \u00eatres peuvent instantan\u00e9ment d\u00e9barrasser leur mental de toute impuret\u00e9 mat\u00e9rielle en entrant au contact des eaux sanctifi\u00e9es du Gange, qui demeurent toujours pures. Apr\u00e8s que se soient \u00e9coul\u00e9s mille mill\u00e9naires, le Gange descendit sur Dhruvaloka, la plus haute plan\u00e8te de l\u2019univers. Pour cette raison tous les sages et \u00e9rudits disent que Dhruvaloka est Vishnoupada, situ\u00e9e aux pieds pareils au lotus de Vishnou\u00a0<\/i>\u00bb. [SB 5,17,1]<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab\u00a0<i>Apr\u00e8s avoir purifi\u00e9 les sept plan\u00e8tes se trouvant \u00e0 proximit\u00e9 de Dhruvaloka, l\u2019\u00e9toile Polaire, les eaux du Gange sont transport\u00e9es \u00e0 travers les routes c\u00e9lestes des d\u00e9vas gr\u00e2ce \u00e0 des milliers de vimanas (a\u00e9ronefs c\u00e9lestes) et arrosent ensuite la lune pour finalement atteindre la demeure de Brahma au sommet du mont M\u00e9ru\u00a0<\/i>\u00bb. [SB 5,17,4]<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Des millions de personnes vivent sur les berges du Gange tout au long de son cours et se baignent r\u00e9guli\u00e8rement dans ses eaux, se purifiant ainsi aussi bien mat\u00e9riellement que spirituellement. Depuis des milliers d\u2019ann\u00e9es, de nombreux sages, y compris Vyasadeva ou Sankaracharya, ont compos\u00e9 des pri\u00e8res \u00e0 la gloire du Gange. Parmi les nombreux\u00a0<i>mantras\u00a0<\/i>r\u00e9cit\u00e9s dans l\u2019adoration de la d\u00e9esse\u00a0<i>Om namo ganga devya\u00a0<\/i>signifie \u00ab j\u2019offre mon hommage empreint de respect \u00e0 notre d\u00e9esse-m\u00e8re Ganga \u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab\u00a0<i>Sri Ganga Devi a le teint blanc de la fleur champaka. Elle est orn\u00e9e de superbes parures et joyaux. Des millions de lunes la baignent de leurs rayons. Son apparence juv\u00e9nile prodigue \u00e0 jamais les plus beaux sourires. Bien-aim\u00e9e du Seigneur Vishnou, la bonne fortune l\u2019accompagne. Elle soulage quiconque de ses plus grands p\u00e9ch\u00e9s et octroie \u00e0 ceux qui la m\u00e9ritent la lib\u00e9ration de ce monde en leur permettant d\u2019acc\u00e9der aux pieds pareils \u00e0 des lotus du Seigneur Supr\u00eame Shri Vishnou. Voil\u00e0 pourquoi elle porte aussi le nom de Vishnoupadi\u00a0<\/i>\u00bb [Shri Brahma Vaivarta Purana].<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab\u00a0<i>Les rives du Gange sont en tous points impr\u00e9gn\u00e9es de Dieu et d\u2019heureux augures\u00a0<\/i>\u00bb [Padma Purana Srsti khanda 2,56].<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab\u00a0<i>Des tonnes d\u2019actes vicieux et p\u00e9cheurs aussi volumineux que les hauteurs des Himalayas sont r\u00e9duits \u00e0 n\u00e9ant par la d\u00e9votion offerte au Gange et au Seigneur Vishnou\u00a0<\/i>\u00bb [Narada Purana, Uttara Bhaga 38,34].<\/p>\n<h4><b>ADORATION, RESPECT et GRATITUDE<\/b><\/h4>\n<p align=\"JUSTIFY\">Que l\u2019on soit admiratif ou circonspect devant tant de v\u00e9n\u00e9ration offerte au fleuve Gange, il est urgent de changer nos attitudes d\u2019Occidentaux vis-\u00e0-vis de l\u2019eau. L\u2019eau ne se r\u00e9duit pas au contenu de ces petites bouteilles en plastique que nous emportons avec nous lors de nos s\u00e9ances quotidiennes de jogging, fitness ou yoga pour \u00eatre s\u00fbrs de nous hydrater r\u00e9guli\u00e8rement et rester en bonne sant\u00e9. Comment se fait-il que ce liquide si pr\u00e9cieux \u00e0 la vie soit devenu un des \u00e9l\u00e9ments les plus pollu\u00e9s au monde ? Comment expliquer que toutes ces petites bouteilles indispensables \u00e0 notre bien-\u00eatre colonisent une fois vid\u00e9es de leur contenu mers, rivi\u00e8res et oc\u00e9ans et menacent la sant\u00e9 de millions d\u2019\u00eatres vivants ?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans leur \u00e9change sacr\u00e9 de la\u00a0<i>Bhagavad Gita<\/i>, \u00e0 la question d\u2019Arjuna : \u00ab\u00a0<i>Qu\u2019est-ce qui, m\u00eame contre son gr\u00e9, pousse l\u2019homme au p\u00e9ch\u00e9, comme s\u2019il y \u00e9tait contraint ?\u00a0<\/i>\u00bb Krishna r\u00e9pond : \u00ab\u00a0<i>C\u2019est la concupiscence seule, \u00f4 Arjuna. N\u00e9e au contact de la passion, puis chang\u00e9e en col\u00e8re, elle constitue l\u2019ennemi d\u00e9vastateur du monde et source de p\u00e9ch\u00e9\u00a0<\/i>\u00bb. [BG 3, 35, 36]<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C\u2019est pourquoi, comme l\u2019indique l\u2019Astrophysicien \u00c0 Barrault cit\u00e9 plus haut, il est temps de changer de paradigme. L\u2019expression \u00ab aller \u00e0 vau-l\u2019eau \u00bb signifie dans le dictionnaire : aller \u00e0 sa perte, p\u00e9ricliter. Ressaisissons-nous avant qu\u2019il ne soit trop tard et \u00e0 d\u00e9faut d\u2019adoration, impr\u00e9gnons notre quotidien de respect et de gratitude envers ce bien du ciel qu\u2019est l\u2019eau.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Laissez-moi vous offrir une m\u00e9ditation en guise de conclusion, une citation de la\u00a0<i>Bhagavad Gita\u00a0<\/i>qui nous vient directement de Krishna, aussi nomm\u00e9 Vishnou ou Bhagavan (l\u2019\u00catre Supr\u00eame dou\u00e9 de toutes les excellences) :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab\u00a0<i>De l\u2019eau, Je suis la saveur, du soleil et de la lune la lumi\u00e8re. Je suis le son dans l\u2019\u00e9ther, et dans l\u2019homme l\u2019aptitude. De la terre, Je suis le parfum originel, et du feu la chaleur. Je suis la vie dans tout ce qui vit. De tous les \u00eatres, Je suis la semence premi\u00e8re. De l\u2019intelligent Je suis l\u2019intelligence, et du puissant la prouesse. Je suis la force du fort, exempt du d\u00e9sir et de la passion\u00a0<\/i>\u00bb.\u00a0\uf03c<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><b>Sources<\/b><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Bhaktivedanta Swami,\u00a0<i>Bhagavad Gita telle, qu\u2019elle est\u00a0<\/i>(BG), ed. BBT<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Bhaktivedanta Swami,\u00a0<i>Srimad Bhagavatam\u00a0<\/i>(SB), ed BBT<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Vijaya dasa Jaya,\u00a0<i>Our Merciful Mother Ganga<\/i>, ed. Padayatra Press 2000<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Padma Purana<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Narada Purana<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Shri Brahma Vaivarta Purana<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"https:\/\/www.planetoscope.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.planetoscope.com<\/a><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"https:\/\/www.ritimo.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.ritimo.org<\/a><\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Table des mati\u00e8res L\u2019eau, vaste sujet, qui ne coule pas forc\u00e9ment de source ! On peut l\u2019aborder sous tellement d\u2019angles diff\u00e9rents sans pour autant aller \u00e0 l\u2019essentiel. Je vous propose d\u2019entamer une r\u00e9flexion globale sur le monde qui nous entoure, d\u2019aborder les probl\u00e9matiques environnementales de l\u2019eau pour essayer de les relier \u00e0 des solutions spirituelles. [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":1811,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[33],"class_list":["post-1504","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-philosophie","tag-philosophie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/festivaldelinde.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1504","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/festivaldelinde.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/festivaldelinde.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/festivaldelinde.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/festivaldelinde.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1504"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/festivaldelinde.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1504\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/festivaldelinde.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1811"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/festivaldelinde.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1504"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/festivaldelinde.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1504"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/festivaldelinde.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1504"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}