Un festin dans la Demeure d’Advaïta Acarya

Un festin dans la Demeure d’Advaïta Acarya

Juste après être entré dans l’Ordre du Renoncement ( Sannyasa) à l’âge de 24 ans, le Seigneur Caïtanya Mahaprabhu décida de Se rendre à Vrindavana. Cependant, plongé dans une extase profonde, Il s’égara en chemin, dans la région du Radha Desa. Depuis Son départ pour Vrindavana, Il était accompagné de loin par Nityananda Prabhu, Candrasekhara et Mukunda Prabhu. Au cours de ce voyage, Nityananda Prabhu donna l’ordre à des jeunes pâtres d’indiquer une mauvaise direction à Sri Caïtanya, dans l’espoir que Celui ci, après s’être trompé, Se retrouve sur les rives du Gange à Santipura, où l’attendrait fort opportunément Advaïta Acarya dans une barque. Nityananda Prabhu dit alors au Seigneur Caïtanya : « Regarde, voici la Yamuna ! » En réalité, il s’agissait du Gange, mais dans Son extase, Sri Caïtanya Mahaprabhu ne vit pas la différence entre les deux fleuves. Il Se baigna dans le Gange en répandant beaucoup de bénédictions. C’est alors qu’ Advaïta Acarya survint opportunément sur une petite embarcation avec un vêtement de rechange pour le Seigneur Caïtanya, et Celui-ci Se douta d’une aimable supercherie quand il vit approcher Advaïta Acarya. Alors, Advaïta Acarya Lui avoua tout et Le consola en Lui disant : « Où que Tu sois, se trouve Vrindavana ». Sri Caïtanya tança tout de même un peu Nityananda Prabhu pour Son audace, mais Advaïta Acarya révéla qu’en fait il n’y avait pas eu – à proprement parler- « tromperie », puisqu’ à l’endroit de leur rencontre, la Yamuna et le Gange se rejoignaient. Alors, Advaïta Acarya invita le Seigneur à venir déjeuner chez Lui, tout en Le prévenant qu’Il n’avait à Lui offrir « qu’une poignée de riz accompagnée de légumes très simples et d’épinards cuisinés en sauce » ( Caitanya Caritamrita, Madhya Lila 1, version française, ch. 3, sloka 39, p. 255).

Le Seigneur Caïtanya venait en effet de jeûner pendant trois jours consécutifs, ne Se nourrissant en quelque sorte que de l’Amour pour Sri Krishna. Juste avant de déjeuner, Sri Advaïta offrit Lui- même le repas à Sri Visnu, puis toutes les préparations furent divisées en 3 parts égales, dont une fut déposée sur un plat en métal pour être offerte à Sri Krishna. A cet endroit du récit, le Caïtanya Caritamrita nous offre une splendide description des mets cuisinés pour ce festin mémorable : « Le riz, exquis et cuit à point, formait un petit monticule au milieu duquel avait été versé du beurre clarifié jaune obtenu à partir du lait de vache. Autour du tas de riz, étaient disposés des bols faits d’écorces de bananier et contenant différents légumes ainsi que du Mung Dahl. Il y avait entre-autres légumes, des patolas, des courges, des manacakus et une salade de plusieurs variétés d’épinards avec des morceaux de gingembre ; il y avait du sukhta, sorte de petite courge amère mélangée à des légumes variés, qui défiait le goût du nectar. Il y avait cinq sortes de sukhtas amers et piquants ; Des jeunes feuilles de nimba frites avec des aubergines s’ajoutaient aux différentes préparations de légumes. Les fruits appelés ” patolas” avaient frit avec du phula-badi, sorte de préparation à base de dahl réduit en pâte puis séchée au soleil. Il y avait également une préparation appelée ” kusmanda-manacaki”. Une préparation faite de pulpe de noix de coco mélangée à du lait caillée et à du sucre candi était particulièrement délicieuse. Il y avait en grande quantité un curry fait de fleurs de bananiers et de courges bouillies dans du lait ; il y avait de petites tourtes en sauce aigre-douce et cinq ou six sortes de préparations relevées d’un goût aigrelet.

Tous les légumes étaient cuisinés en quantité suffisante pour que tous ceux qui étaient présents puissent goûter ce prasada. Il y avait plusieurs sortes de galettes moelleuses à base de mung dahl, de bananes mûres ou de urad dahl. Il y avait aussi différentes sortes de sucreries, des gâteaux de riz au lait, une friandise à la noix de coco, et toutes les pâtisseries que l’on pouvait désirer. Tous les légumes étaient servis dans des récipients faits de feuilles de bananier venant d’arbres produisant au moins trente-deux régimes de bananes. Ces pots étaient très solides, très grands, et ils ne penchaient ni ne se renversaient. Tout autour des trois places étaient disposés une centaine de récipients emplis des diverses sortes de légumes. Outre les différents légumes, il y avait du riz au lait additionné de ghï, contenu dans des pots de terre neufs.

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